Présence silencieuse

Assise comme à son habitude sur le banc du jardin, la canne posée sur le côté, elle contemple les fleurs, les roses, les moineaux sautillant sur la rambarde métallique. Elle est ici sans être là, Léa. Présence silencieuse, douce et angoissée, belle et tragique, elle se dit brebis égarée dans un monde dénué de sens qui n'a pour issue qu'une mort annoncée.
Son visage vieillissant est pur, ses yeux clairs débordent d'amour et d'angoisse.
Elle s'agrippe à mon bras.

- Tu ne m'oublieras pas, hein ?
- Non, je ne vous oublierai pas.

Elle sourit.
Dans deux minutes, c'est elle qui m'aura oubliée
Inexorablement
Comme le sable emporté par le vent
Et tout sera à recommencer.