Keywords analysis # 2

Suite à ce premier article mêlant en un texte les mots clés repérés par les moteurs de recherche pour arriver sur mon blog, voici un deuxième melting pot :

L'orage va gronder, promets moi de signer pour cent ans. Les ennemis de Pernaut, gracieux, font un rêve où des enfants glissent comme des fantômes dans le frigo dans l'antiquité. Le temps des noyaux a perdu la main. Arthur, embrasse-moi, baise-moi, serre-moi ! Viens chez moi .... on se mettra sous les draps pour regarder la pluie
Entre ma femme et moi pas d'équivalent… ça ne fait rien viens donne moi la main !
Zoé, la femme nue aux petits seins (démarche féline du chat), pied dans le sable mouillé, pleure quand il pleut. Ses cheveux abîmés par le vent fourmillent dans les étoiles, et sa culotte transparente dessine un cœur, c’est la solitude de l’ange.
Voila combien de nuit que les deux fillettes enfouies sous une pierre vivent leur secret ? Y a-t- il de l’eau sous le cerisier turquoise ? Les enfants voyagent sur un fil, leurs paroles me frôlent de leurs regards penchés sous les tambours du mektoub.
Chantons tous mazaltov ! Les empreintes merveilleuses de nos pas prient la naissance d’Ulysse ! La fouine et le chat promettent un beau voyage…

Du nord au sud

Depuis mon article sur mon incapacité actuelle à rêver (ou à me souvenir de mes rêves), une déferlante de songes, plus riches les uns que les autres, emplit mes nuits. Ce matin, je me réveille avec cette chanson de Louise Attaque dans la tête.


Des mois que je n'ai pas lu. Vais essayer de décoller mon nez de cet écran et me remettre à profiter pleinement de mes heures perdues. Ca commence avec "L'histoire de l'amour" de Nicole Krauss. Du nord au sud, peut-être une envie de voyager à travers les mots...

Que sont mes rêves devenus ?

Envolés, pfuit ! Plus un songe à l'horizon. Le vent de la nuit ne vient plus caresser mes pensées ensommeillées. Plus d'images. Fini les retrouvailles avec mes chers disparus. Ecran noir. Comme si les pleurs d'Ulysse effaçaient tout. Toute l'énergie de mon sommeil semble se fixer sur mon corps - le détendre, le défaire de ses noeuds, de sa lourde fatigue de la journée. Ce qui se passe là haut, ça ne l'intéresse plus. Lorsque j'ouvrais les yeux, je voyais les courbes de mon homme endormi, le mur de livres, et la chevelure tombante de la plante suspendue. Maintenant je ne vois plus que le voyant lumineux - tantôt vert tantôt rouge - de l'écoute bébé, comme un signal d'alarme dans la profondeur de la nuit.
L'espace manque, l'espace du désir et des rêves.
Le temps aussi, celui de la contemplation et des promenades intérieures...
Je veux bien troquer mes rêves contre les sourires radieux de mon bébé, mais pour un temps seulement. Un jour, nous apprendrons à nous détacher doucement l'un de l'autre, et ce sera peut-être l'occasion pour mes songes de revenir et de se loger à nouveau dans les creux de mon âme...


Caspar David Friedrich
Voyageur contemplant une mer de nuages

Une lettre oubliée


"Profitez-en, ça passe vite..."

Voilà ce que me disent souvent ceux qui sont au crépuscule de leur vie. Longtemps j'ai pensé que j'avais toute la vie devant moi. Des rails à perte de vue, de temps à autres une gare. Faire des choix : suivre une route plutôt qu'une autre. Dérailler. Traverser l'espace et le temps. Et pourtant... dès les premiers instants de la vie nous sommes plongés dans une course que seule la mort arrête. Terminus. J'avais toute la vie devant moi lorsque j'ai vu le jour. Depuis, elle se consume, inexorablement. Tout ce que j'ai vécu, je ne le revivrai jamais. Des grains de sables qui s'envolent.
Il y a deux mois, lorsque mon fils est né, j'ai immédiatement pensé "Ca y est, c'est la vraie vie qui commence". Celle d'avant me semblait incomplète, inaboutie, un préliminaire, un amuse bouche. Je repense à mon grand ami barbu qui m'a dit un jour "J'attends que ça commence !"... Nous avons tous une certaine idée du point de départ. Pour certains ce sera le premier baiser. Pour d'autre le premier enfant. Et pour d'autres enfin ce sera un point à atteindre, l'espoir d'un bonheur futur. Or la vraie vie, c'est celle qui nous anime. Profitons-en, ça passe vite ; chaque moment qui s'écoule finit bien rangé dans notre histoire. Quelquefois dans notre mémoire - pas toujours. Combien de souvenirs avons nous égaré ? Que restera-t-il lorsque, fatigués, nous nous retournerons sur notre passé, à compter les petits et grand bonheurs, les petites et grandes douleurs ? Ecrire, photographier : illusion d'éternité. C'est marquer d'un sceau notre temps vécu, soyons honnêtes il n'en restera rien, si ce n'est le plaisir de l'instant... Sentir, voir, rire, s'émouvoir, voilà peut-être l'unique fondement de la vraie vie. Comme disait l'autre, "the rest are details"...

* gravure de Patrice Berthon

Grand-Père

Hier il eut un rire léger que je ne lui connaissais guère, ce même rire que j'avais entendu au téléphone deux mois auparavant, la nuit où je lui avais annoncé la naissance de son petit-fils. Je découvre en lui cette légèreté, ce bonheur simple et limpide de tenir Ulysse dans ses bras, de le regarder, de tenir dans sa grande paluche sa petite main potelée. Lui qui se vante toujours de ne pas aimer les bébés, le voilà pris au piège. Celui-là ne parle pas encore, mais il sourit, babille et s'endort volontiers dans les bras de celui qui l'a nourri de bon lait, mine satisfaite et repue. En fait, il n'est pas comme les autres, non, ce bébé là, il l'aime, sincèrement. C'est un joli petit bourgeon qui porte en lui la promesse de la continuité et de la transmission.
Mon père, devenu Grand-Père doux et aimant, pose sur son petit-fils un regard protecteur. Ulysse quant à lui lève les yeux, s'agrippe au doigt de mon père, et se laisse aller à une farandole de sourires. Je les regarde avec émotion, je savoure la beauté de l'instant...

Mon frère

Il m'a dit "Le jour où je t'ai vu dans les bras de maman et qu'elle a dit "C'est mon enfant", j'ai été profondément jaloux. D'ailleurs je suis parti..."
Bizarrement, je n'ai jamais pensé que mon frère avait pu être jaloux de l'amour que ma mère avait pour moi à ma naissance. J'ai toujours pensé qu'il enviait plus que tout cet équilibre familial qu'est la triade père-mère-enfant, lui qui n'a presque pas connu son propre père. Evidemment, après seize ans d'un amour maternel exclusif, d'une relation fusionnelle parsemée de piques et de tendresse, il ne pouvait que lui en vouloir. Celui-là est grand maintenant, j'en fais un autre, une autre, toute jolie, toute neuve, l'autre je le mets à la poubelle. Il lui en a voulu, il lui en veut encore, il m'en veut toujours...
Comment a-t-il dépassé cette étape (pour ne pas dire épreuve) ? Quel a été le cheminement de sa pensée, lui qui m'a accompagnée à l'école, gardé le mercredi, chatouillée et choyée ? Dans sa belle Ford bleu-turquoise, il venait me chercher à quatre heures. "C'est mon frère !"disais-je fièrement à mes camarades. Lui sautait la barrière avec souplesse et désinvolture, comme un flic de Miami, comme un héros. Et puis il me raccompagnait à la maison - qui était à cinq cent mètres - en faisant crisser ses pneus, "comme Starsky et Hutch !". J'étais heureuse. Figure paternelle, il a comblé les manques de mon père. Au moins, avec lui, je m'amusais, je riais, j'étais un peu amoureuse de lui, forcément c'était mon héros. Mon père, lui, était trop sérieux, trop absent. Je l'ai admiré plus tardivement.
Mon premier souvenir de cauchemar représentait mon frère. J'avais six ou sept ans, je m'en souviens comme si c'était hier... Un chinois se tenait assis sur une chaise au beau milieu d'un hangar entouré de haies, c'était lui (à l'école on me demandait souvent s'il était chinois car ses cheveux étaient très noirs). Dans sa main, un couteau. Il voulait me tuer. Et moi, brebis égarée, terrorisée, je n'avais aucune issue, j'allais me faire manger toute crue. La seule solution était de feindre l'admiration pour qu'il m'épargne, qu'il ne me croque pas. Je grimpais sur ses genoux et caressait ses cheveux en le flattant. C'était puant puisque feint, mais j'étais contrainte d'accepter sa haine envers moi et de renverser ma peur de lui en un amour fraternel fondé sur la séduction et l'admiration. Cette peur, c'était peut-être tout simplement un sentiment de culpabilité - d'avoir volé l'amour maternel, d'avoir eu un père et une enfance heureuse.
Je repense à ce rêve, à notre histoire, et la compréhension que j'en ai se résume à ce postulat : "Aimer mon frère c'est lui dire pardon...". J'ai encore du chemin à parcourir pour démêler les noeuds et y voir plus clair, aujourd'hui la vie fait que nous avançons tous deux vers une forme de maturité. Je ne suis plus celle que j'étais, quant à lui, il élabore, exprime davantage son ressenti. Nous connaissons mieux nos forces et nos faiblesses, nous savons nous parler : nous sommes désormais deux adultes face à la vie.