J'aurais voulu...

J'aurais voulu vous témoigner mon émerveillement à la vue des vastes champs nappés de blanc. J'aurais voulu écrire au sujet de cette dame que tout le monde prend pour une folle, et qui me parle de rêves et de sa confiance retrouvée. J'aurais voulu dresser la liste de ces amis d'autrefois, qui ont chacun pris un chemin en lien avec leur caractère d'antan, leur histoire, leurs passions d'enfants. J'aurais voulu poser tout ça ici, mes valises de pensées et d'interrogations, là, dans cet espace qui n'en est pas un. Mais voilà, il y a des jours comme ça où tout va de travers. Où l'on tombe de son nuage. Où l'on se ramasse la gueule par terre, il n'y a pas d'autre mot.
Alors je dis
Aïe.
Alors je dis
Merde.
Et puis

je suis retournée ce matin dans mon quartier, mon enfance.J'ai traversé le square aux oiseaux, les yeux gorgés de larmes. C'était toute ma vie. J'aurais voulu tout balayer, ne jamais avoir à y retourner, fuir, fuir... lâchement. Sans lui faire mes adieux. Sans me retourner. Fermer les yeux et oublier, ranger les souvenirs dans les tiroirs, fermer à clé pour ne pas m'effondrer.
J'ai arpenté les rues comme on arpente un cimetière, et je sais que mes sanglots longs n'y pourront rien changer...