Emilie is back !

Quel bonheur de retrouver Emilie, petit chaperon rouge de mon enfance ! Avec son mignon hérisson Arthur, il lui arrive mille aventures ! Elle a aussi un petit fauteuil, un ourson à la patte cassée, un grand frère, Stéphane, et une petite soeur, Elise. Le dessin est sommaire mais suffisant. Du rouge, du vert, du blanc. Aucun artifice, l'essentiel est là.
Comme la mémoire est étrange. Le souvenir d'Emilie n'aurait jamais pu émerger de façon spontanée. Pourtant, lorsque mes yeux ont balayé le rayon des livres d'enfants, mon coeur a bondi, sûr d'avoir reconnu une image amie, ancrée en moi depuis des lustres. Elle n'a pas changé, Emilie. Ses petits souliers rouges, son sourire adorable, son bonnet joli... Comme les Trois Brigands, comme le Loup blanc banni par les hommes, comme Le Chat qui s'en va tout seul, Emilie tapie au fin fond de ma mémoire, a resurgi avec force, retrouvant toute sa fraîcheur ! Mais cette fois-ci, ça n'est pas pour moi, non, c'est pour Ulysse. Il découvrira bien d'autres livres inconnus de nous, mais celui-ci, que nous avons lu, aimé, son papa et moi, il l'aura dans sa petite bibliothèque, c'est sûr, entre le bestiaire en tissu et le petit livre de Salomé.

Retour à la source



Mon premier baiser se fit devant Picard Surgelés.
Mon premier bébé fut décidé chez Hippopotamus.

Nous avions tracé une ligne verticale. A droite la colonne contre. A gauche la colonne pour. Après quelques idées lancées sur la nappe en papier, nous avions été surpris de constater que les obstacles étaient bien maigres, et que les bonnes raisons de faire un enfant abondaient. Nous avions avalé nos frites et notre barbaque sauce roquefort pichet de Merlot sans même y prêter attention, souriant à l'envi, excités à l'idée que nous pouvions franchir le cap. Il suffisait de dire oui, on y va, plus rien ne nous retient. Nous étions ensuite allé au cinéma juste en face. Jamais je n'avais à ce point survolé un film ! Large sourire, yeux brillants d'émotion, nous étions déjà loin, sur notre nuage, à regarder ensemble se dessiner nos rêves.

Aujourd'hui nous sommes entrés chez Hippopotamus avec notre poussette orange, émus et heureux, Poupinou dormait profondément, loin de se douter qu'un an auparavant, papa et maman décidaient de son existence...

Euphorisme # 34

Suite à la demande expresse de l'Hydroptère, je continue mon dur labeur de petit poucet qui sème pour mieux trouver sa route quelques Euphorismes de Grégoire !


Si la sélection naturelle
faisait vraiment son travail,
vous seriez moins nombreux.


Christophe Maé revisited

Parmi les exercices oulipiens, on trouve le fameux S+7, contrainte qui consiste à remplacer chaque substantif (S) d'un texte préexistant par le septième substantif trouvé après lui dans un dictionnaire (S+7) donné. On peut ensuite décliner l'exercice à l'infini en choisissant de modifier les Substantifs, les Verbes, les Adjectifs etc, +7 ou + ce qu'on veut !

J'ai tout de suite pensé à la chanson idiote de ce nabot pédant de Christophe Maé, que Lisou a intelligemment décryptée. Elle s'appelle Mon Paradis. En S+11 ça donne Mes parages. Pour corser l'exercice, j'ai ajouté une contrainte : le V+5 (on remplace chaque verbe par le 5ème trouvé après lui dans le dico).


Voici la version originale :

Bien dans ma peau
Tu es celle que je suis
Alors promets moi de me faire un enfant
Même dans le dos
Si vraiment tu en meurs d'envie
Et là je serai le meilleur des amants
Comme une envie d'aller faire un tour
Du côté de nos amours

Viens chez moi te mettre à l'abri
On ira sous les draps écouter la pluie
Viens chez moi te mettre à l'abri
Voir mon paradis
Voir mon paradis

Mon alter égo
Fuis moi je te suis
Alors promets moi de signer pour cent ans
J'aime pas pour de faux
Mais seulement pour la vie
Et là je nous vois comme de vieux amants
Comme une envie d'aller sans retour
Du côté de nos amours

Viens chez moi te mettre à l'abri
On ira sous les draps écouter la pluie
Viens chez moi te mettre à l'abri
Voir mon paradis
Voir mon paradis
Et on fera ...
Dam, dam, dam ...

Comme une envie d'aller faire un tour
Du côté de nos amours
Comme une envie d'aller sans retour
Avec toi mon amour


Et maintenant la version S+11 V+5














Bien dans ma pêche
Tu étripes celle que je supplante
Alors pronostique-moi de me familiariser une enflure
Même dans le dossier
Si vraiment tu en moyennes d'enzyme
Et là j'étriperai le meilleur des amauroses
Comme un enzyme d'allumer familiariser une tourelle
Du côté de nos ampérages

Verdoie chez moi te miauler à l'abscisse
On allumera sous les dreadnoughts écrêter le plumitif
Verdoies chez moi te miauler à l'abscisse
Voleter mes parages
Voleter mes parages

Mon althéa
Fuselle-moi je te supplante
Alors pronostique-moi de similiser pour cent anacoluthes
J'ajoute pas pour de faux
Mais seulement pour la vierge
Et là je nous volette comme de vieux amauroses
Comme un enzyme d'allumer sans retraite
Du côté de nos ampérages

Verdoie chez moi te miauler à l'abscisse
On allumera sous les dreadnoughts écrêter le plumitif
Verdoies chez moi te miauler à l'abscisse
Voleter mes parages
Voleter mes parages
Et on familiarisera ...
Damier, damier, damier ...

Comme un enzyme d'allumer familiariser une tourelle
Du côté de nos ampérages
Comme un enzyme d'allumer sans retraite
Avec toi mon ampérage

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Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je trouve cette nouvelle version bien plus transcendante !!!

On ne fait pas de plus beau voyage



Bruxelles, ma belle...



Le cerisier

Il pleurait très fort ce jour là, blotti dans mes bras. Son petit menton tremblait et ses yeux crispés laissaient s'échapper de chaudes larmes. Je l'ai bercé, tendrement, rien n'y a fait. J'ai caressé ses doux cheveux, embrassé sa joue rebondie, rien n'y a fait. Alors j'ai arpenté l'appartement, en fredonnant des chansons - Viens voir comme il est moche mon petit maillot d'bain Je sais j'ai l'air d'une cloche mais j'fais peur aux requins... Je l'ai emmené dans la cuisine, pour qu'il voie de la fenêtre le bleu du ciel et le soleil du printemps à venir. Mes yeux se sont alors posés sur ce grand espace vide, derrière le mur blanc. Il y a bien des années, un cerisier y trônait, splendide, majestueux.

Tu vois, mon Poupinou, quand j'avais ton âge, je passais de longs moments au milieu du jardin, posée dans mon couffin rose, à contempler le ciel et les branches fleuries du cerisier qui passaient par-dessus le mur. Il était si grand, si beau. Au printemps, nous trouvions au sol des pétales roses, puis des cerises et quelquefois même, des noyaux encore attachés à leur tige ! C'était le temps des merles, des chats qui passent sur le toit, c'était le temps du bonheur, le temps de mon enfance. Et puis un jour des hommes sont venus - c'était un jeudi. Armés de cordes il ont grimpé haut, très haut dans l'arbre. Le bruit des tronçonneuses, je m'en souviens encore. Une branche, puis deux... ils faisaient vite les bougres, sales hommes. Notre cerisier en deux temps trois mouvements s'est trouvé nu, dépecé, ridicule. Lorsque ma mère a compris, elle a crié. C'était un jeudi, un jeudi férié - ils n'avaient pas le droit de faire ça.
Ils ont continué.
Elle a hurlé, elle a pleuré - j'avais onze ans, nous étions là toutes les deux au milieu du jardin, à l'endroit même où était posé mon couffin, impuissantes face au meurtre qui se jouait tout près de nous, de l'autre côté du mur. Ils sont partis comme des voleurs. Voleurs d'oiseaux et de liberté. Ils ont laissé un grand vide. Derrière le mur blanc, tu vois mon Poupinou, il ne pousse plus rien. Un vague figuier trop taillé, quelques bambous déséchés... Les hommes d'ici n'aiment pas la nature, ils se délectent de béton et de tôles grises. C'est la ville, mais où est la vie ? Hein mon Poupi...
Ulysse, abandonné dans mes bras, est bien loin de tout ça. Il dort d'un sommeil adorable, son petit visage d'ange semble adresser au ciel un sourire confiant. Où est la vie... J'en sais rien, viens, donne-moi la main dit Melocoton.
Un jour, nous aurons un cerisier, mon bébé, ou un pommier, peu importe. Nous serons loin de la ville, tous les trois, avec le chat, le chant des oiseaux et l'horizon au fond des yeux.

Bon mot

"L'accouchement est douloureux. Heureusement, la femme tient la main de l'homme. Ainsi, il souffre moins."

[Pierre Desproges]

Encore un blog !

J'ai perdu ma plume et retrouvé mon âme d'enfant !
Nouveau jouet : imagots, le meilleur jeu photo de la blogosphère (ou presque !)

http://imagots.blogspot.com

Venez nombreux, et parlez-en autour de vous !

6 choses débiles que vous ne savez pas sur moi

Suite à la proposition de Kallisté, je relève le défi de poursuivre cette chaîne qui fait fureur sur la blogosphère : à savoir révéler 6 trucs muches de sa vie que personne (a priori) ne connaît.

1. Autour de mes 6 ans, j'avais lu un petit livre sur la prévention de l'hygiène dentaire chez les enfants. On y voyait une illustration représentant un petit garçon - qui évidemment avait mangé trop de bonbons - et qui dormait paisiblement, bouche ouverte. Dans la nuit des petits lutins minuscules armés de pioches grimpaient par une mini-échelle dans sa bouche pour lui faire des trous dans les dents. Evidemment ce que j'avais retenu de cette histoire, ça n'était pas qu'il fallait lever le pied sur les bonbecs, non, c'était qu'il fallait penser à bien fermer la bouche la nuit !!! Logique.

2. A part des chats j'ai eu dans ma vie un lapin débile (Gaïa) et un hamster jovial (Kikitte).

3. Mon corps a une fâcheuse tendance à révéler mes conflits psychiques (eczema, bronchites chroniques, trichotillomanie, allergies, onychophagie, asthme...) On appelle ça joliment le "théâtre du corps"...

4. J'aime, lorsque je suis dans le Périgord, me réveiller très tôt le matin, sortir dehors avec les chats et regarder le jour se lever.

5. J'ai raté ma vocation de musicienne et d'artiste en général. Immense regret...

6. Avant, je m'endormais toujours sur le ventre avec le drap sur la tête et un petit trou autour du nez pour respirer. Maintenant je dors en position foetale sur le côté gauche avec la couette qui recouvre mon oreille droite. (condition sine qua non pour m'endormir, sinon je peux toujours me brosser)

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Comme vous pouvez le constater, tout ceci est absolument passionnant, c'est pourquoi je passe la main à mes camarades blogueurs : Fredou, Lisou, la Fouine, Mortecouille, Meli&Melo, Poï poï poï, Rachtaquouère et Naturella !
A vous de jouer !

The bridge is broken