Une vie

Léa est morte ce matin.
Une page se tourne, le livre de sa vie se ferme enfin.

- Tu ne m'oublieras pas, hein ?
- Non, je ne vous oublierai pas.

Je vous le promets...

Homéostasie

- Ménilmontant, 18h47 -
Imaginez une grue entièrement couverte d'oiseaux
qui piaillent,
s'égosillent,
minuscules créatures qui s'imposent et se
posent
ça et là,
en des lieux
vertigineux,
parce qu'il faut bien que la nature persiste
en cette triste
cité.

L'empreinte de l'ange

Je fais souvent le rêve d'un bébé omniscient, à qui on n'aurait pas ôté le secret du monde, un nourrisson qui n'aurait pas reçu l'empreinte de l'ange. Le langage, l'écriture, le savoir, lui sont innés. Il n'a pas besoin de mon lait, de mon amour ni de mes soins : il est autonome, indépendant, et se suffit à lui-même.
Je fais souvent le rêve d'un bébé tout-puissant, à qui je ne puis rien transmettre, rien offrir. Il se fraye un chemin tout seul, vaille que vaille. Il n'a pas besoin de moi.
Alors je reste là, interdite, il sait déjà tout - à quoi bon ? - je le regarde vivre, et je ne comprends pas.
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" Du bout de son index, Andràs se met à dessiner son profil, commençant sur le front à la naissance des cheveux, puis descendant délicatement entre les sourcils, suivant la fine crête du nez et se glissant dans la fossette entre la racine du nez et les lèvres.
- C'est ici, dit-il, que l'ange pose un doigt sur les lèvres du bébé, juste avant la naissance -chut !- et l'enfant oublie tout. Tout ce qu'il a appris là-bas, avant, en paradis. Comme ça, il vient au monde innocent. "

Nancy Huston - L'empreinte de l'ange

Un arbre...

Un arbre au jardin du Rayol
Un arbre pour Thomas
Un arbre pour nos racines,
pour la belle ramification à venir

Un arbre pour le temps qui passe
Un arbre pour l'avenir
Un arbre pour la vie
Et pour sa grande beauté.

Tripalium

Emplettes

ça y est, maintenant ils me prennent tous pour
une maniaque de la chaussette... :o/

Retour aux sources

Après de tendres et ardentes étreintes, volets fermés, temps suspendu, les amants enlacés dans une barque filaient sur une eau limpide, pour rejoindre une terre parsemée de chevaux paisibles, dont la fougue s'était dissipée dans les nues des nuits embrasées… Enfer ou paradis, ils contemplaient une vaste pièce dotée d'une cuisine et d'un jacuzzi - l'eau, le feu ! -. Enfin ils décidaient de se laver mutuellement, non de leur pêché mais de cette douce fatigue qui enveloppe les amants après l'amour…

Bruxelles...