Adèle

Le temps d’une avalanche, son esprit engourdi digère le symptôme de sa folie. Elle déblatère des mayonnaises sordides, le doigt posé sur sa tempe, à l’affut du moindre éclat. A la fenêtre tourbillonnent les sermons hypocrites, cognant au hasard les parois de la vitre comme la foudre vrombit dans les poussières d’ombre. Elle s’ensommeille, errant en des monts de paroxysmes et de métaphores, écartant de ses paupières opalines la clarté du réel. Les racines séculaires se nouent, étouffent ses sursauts empiriques, puis s’enroulent dans une vague lunaire qui disparaît dans un point de fuite que rien n’arrête. Adèle, merveilleuse infante des limbes obscures, orne de son souffle glacé la puissance de l’éphémère.