Ma maison, c'est quelqu'un !

En somme, une maison est comme une personne. Lors de la première visite, on se fait beau, on se pomponne, on frémit d'impatience et d'angoisse jusqu'à ce qu'on sonne. La porte s'ouvre, on entre, et en un coup d'oeil un coup de coeur on se dit - ou pas - qu'on l'aime comme personne.
On visite chaque pièce comme une facette de sa personnalité. L'épaisseur des murs devient épaisseur de caractère, les poutres soulignent son charme authentique, les pierres rassurent, le parquet chaleureux séduit les pieds nus, la chaleur de l'âtre délasse et nous enveloppe d'un sentiment de sécurité, les arbres brandissent leurs feuilles comme un hymne à la liberté...
Tout cela est bien beau, mais après la rencontre et le coup de coeur vient l'accomplissement du désir : le pacte d'union ! Le bal des rencontres aboutit donc à une promesse, douces fiançailles immobilières... On se dit oui, on espère. Le temps déroule alors son fil, et puis un jour, face au trait d'union que représentent maire et notaire, on fait plus trop le malin. Sourire niais, mains qui tremblent et coeur palpitant, on nous invite après quelques belles paroles techniques, à inscrire au bas de la feuille notre nom. Notre nom qui dit oui, qui nous embarque pour des années de bonheur, dans notre chez-nous. Alors on signe, satisfaits, sachant pertinemment qu'il faudra attendre quelques mois avant de vraiment la connaître, notre belle inconnue qui nous semble si familière.
En attendant, on l'imagine, toute de blanc vêtue et prête à nous accueillir en son sein, notre belle mandrionne, l'élue de notre coeur...

Ecriture automatique

Arrachés les acres des études enfantines, il espère décrocher la plume pour un avenir brouillon, vandalisme lunaire destiné à accroître le rendement du fils. Ses arcades sourcillent dans la pénombre austère comme un fil de plomb pendu à mes lèvres, il voudrait croire en elles, sans ailes, sans œufs, mais la nuisance perdure, indélébile. Le chat mandibule devant ses oies trop sages, lames acérées prêtes à dévider leur drogue. Il taillade sa route avec aisance, sûr de pleuvoir en son crâne suffisamment de turpitude, illusion funeste du maître haut voltigeur.

Alors...

... nous sommes nés un 12. Nous nous sommes connus un 12. Nous avons signé le 12 !!! biggrin
Oui ! Si tout se passe bien la maison bientôt nous appartient !!!
I had a dream...
Fini Paris ! Terminé la musique en sourdine des voisins ! Fini les heures perdues à chercher une place de stationnement ! Adieu l'odieux voisin qui rote jure et pète dans les escaliers ! Terminado le bruit fracassant des bouteilles en verre jetées dans le contenaire ! A pu les troupeaux de mammouths qui dévalent les escaliers !

De l'espace !
De l'air !
Du vert !

Une nouvelle vie !

J-3

Le courtier a dit "ui"
Le proprio a dit "ui"
Notre banque doit nous faire une proposition.
Dira "ui" dira "non" ?
On y retourne samedi
dans not' p'tit coin d'paradis
le stylo à la main
et le coeur serein...

Je l'aime.

Oui, je l'aime !
Lorsque je l'ai vue, mon coeur a battu la chamade. Elle, si belle, si chaleureuse, si charmante ! C'est elle que j'attendais, avec la même force qu'il y a deux ans passés, lorsque j'attendais mon aimé.
Comme lui, elle est arrivée.
Je nous y vois, tous les trois avec le chat, y faire notre petit nid. Lire le soir au coin du feu, boire un jus de fruits bien frais dans le jardin, planter des bambous et des fleurs, mitonner de bons petits plats dans la cuisine, jouer à cache-cache avec Ulysse, se prélasser dans un bon bain, retrouver l'intimité et le confort d'une vraie chambre, regarder le chat jouer dans les escaliers, écouter de la musique sans se soucier des voisins...
C'est un petit val (de marne !) qui mousse de rayons.
La semaine risque d'être longue et remplie d'excitation mêlée à l'angoisse.
Alors s'il vous plaît, priez Sainte Rita, dites-nous merde ou touchez du bois, mais, par Zeus ! ne restez pas les bras croisés, nous avons besoin de bonnes pensées !

[edit 03h52] Impossible de fermer l'oeil. Les images défilent dans un ballet incessant de projets et de possibilités d'aménagement. Je dois me raisonner, penser qu'elle peut très bien nous échapper, mais une force incommensurable me sussure au fond de moi que nous aurons cette maison - les ailes du désir.
3h56, j'attends le lever du jour, j'attends de pouvoir enfin sauter sur mon téléphone pour appeler le courtier. Miroir mon beau miroir dites-moi que nous avons assez de sous ! - je crois que je vais aller m'allonger, l'impatience et l'excitation me font perdre la raison...