C'est arrivé près de chez vous

Rue d'Alésia. 15h37. Une vieille radasse promène son connard de clébard qui s'arrête net devant un parterre de fleurs pour le renifler,

et elle de gueuler :

- Arrête de r'niffleeeeeeeeeeeeer tu vas m'faire une hépatite céééééééééé !!!!

Tout de suite

[Frisson d'amour]
Je ressens à l'instant le besoin irrépressible de me lover dans ses bras
[Frisson de bonheur]

Ma voisine me l'avait bien dit...

Coup de fil avec une assistante maternelle pour garder mon fils à la rentrée.
Fin de la conversation :

- Et... il s'appelle comment ?
- Ulysse.
- Uli ?
- Non, U-Lysse.
- Comment vous écrivez ça ?
- U-L-Y-S-S-E
- Ulysse ?
- Oui
- Ah bon ?
- Ben euh oui
- Ah... (perplexe)

On raccroche. Je peste "Ah encore une inculte ! Et puis quoi, qu'est-ce-qu'elle voulait dire par "Ah bon" ? Pff encore une qui croit que c'est un nom de klébard !"

Le téléphone sonne. C'est elle.

- Oui, désolée de vous déranger, je vous rappelle pour m'excuser de ma réaction, en fait... j'étais étonnée, parce que... Ulysse... en fait... c'est le nom de mon chien !
- ...

© JC le poulet

Alors que je cherchais dans une boutique des figurines de Gaston Lagaffe pour mon père (ce qui m'est récemment arrivé dans la vraie vie lors d'un vide grenier), je tombai sur un curieux objet. De forme ovoïde, en bois gravé de signes indéchiffrables, la mystérieuse chose représentait la complémentarité des polarités opposées. Elle symbolisait le Tout, l'Univers. Parmi les inscriptions gravées, l'on pouvait lire Eros et Thanatos. Je saisis l'objet sous lequel était inscrit "JC le poulet". Nul doute, notre ami psychaphile avait lancé une vaste entreprise de marketing, et il avait bien raison puisque cela marchait. On trouvait ses produits déjà un peu partout, et j'imaginais alors l'étendue du phénomène : on trouverait peut-être des cigares Freud, des magnets cadavres exquis spécial Lacan, des jeux vidéo Eros VS Thanatos, des yoyos Fort-Da, des détecteurs de refoulement, des machines à vivre ses rêves, des pin's de Sade, et peut-être même un concept de "danse de l'hystéro", qui ferait un malheur dans les cours de récré...
La JC le poulet Factory était lancée, et j'étais convaincue qu'elle connaîtrait un essor sans précédent...

Les Chats Rues

Découvert au Festival pour un Autre Monde, le groupe déjanté "Les Chats Rues" m'a bien plu ! On écoute en boucle avec Ulysse, et on miaule en choeur avec Léaud !




http://www.leschatsrues.fr

Tripalium...

Aujourd'hui je suis passée devant mon boulot. Gros coup de déprime, vent de panique à l'idée d'y retourner dans deux mois, de reprendre ma vie d'avant. Sans mon gros ventre, sans leurs bonnes intentions. Poupinou in the crèche - terminées les journées de bonheur absolu. Comme tout le monde je verrai mon bébé le matin un p'tit peu, et le soir un p'tit peu. C'est ça la vie. Déjà dès demain c'est mon homme que je ne verrai plus qu'un p'tit peu. Il a trouvé un boulot normal. Il se lèvera à 7h30 se rasera et partira au turbin sacoche en main. Moi qui nage dans le principe de plaisir comment j'vais faire ? Je voudrais tout ma vie prendre mon temps. L'observer. Le regarder filer, lentement. Passer sa vie à travailler, ah ça non. Tout nous échappe. Tout s'accélère, parce que dès le lundi matin on espère qu'une chose, c'est arriver au vendredi soir.
Alors forcément on ferme les yeux la semaine durant, on regarde là où on nous dit de regarder, on fait ce qu'on nous dit de faire. Et puis on ouvre enfin les yeux, semaine achevée, deux jours de liberté devant nous, deux jours qu'on espère lents et plaisants, on voudrait en profiter, mais ils nous glissent entre les doigts, et s'enfuient aussi vite que les jours de labeur. La valeur travail ! La valeur rien-foutre, oui ! J'aime mon boulot mais ce soir je clame mon immense désir de ne plus y foutre les pieds ! Je suis nulle, j'ai pas envie d'être à ma place, j'la donnerais bien tiens ! J'veux pas écouter, analyser, prendre des décisions, gérer, m'interroger, travailler en équipe, bah !! J'veux pas voir leurs têtes ! Ni entendre leurs plaintes, leurs gémissements, leurs angoisses ! Bah ! J'veux rester au chaud dans ma p'tite bulle de joie avec mon chéri mon bébé mon connard de chat et mon p'tit chez-nous. J'veux rien qu'du plaisir rien qu'du bonheur que des beaux projets, j'veux rester sur mon nuage, pas redescendre - pour quoi faire - balayer le principe de réalité, camper sur ma position de grande gamine qui veut pas r'tourner à l'école. Et puis c'est tout.

Peinture de Carmen Segovia