Alexandrin greffé
Définition :
“ Sur le vide papier sont les chants les plus beaux ” Mallurset.
Ce vers a été obtenu en greffant un hémistiche emprunté à un alexandrin de Mallarmé sur un hémistiche emprunté à un alexandrin de Musset, d’où le nom de Mallurset, affecté à son auteur supposé. Le procédé de la greffe permet de composer à foison des alexandrins parfaitement originaux et parfaitement classiques.
“ Sur le vide papier sont les chants les plus beaux ” Mallurset.
Ce vers a été obtenu en greffant un hémistiche emprunté à un alexandrin de Mallarmé sur un hémistiche emprunté à un alexandrin de Musset, d’où le nom de Mallurset, affecté à son auteur supposé. Le procédé de la greffe permet de composer à foison des alexandrins parfaitement originaux et parfaitement classiques.
Exemple :
Greffe du sonnet de Pierre de Ronsard "Maîtresse, embrasse-moi, baise-moi, serre-moi" (Sonnets pour Hélène) sur celui de Charles Baudelaire "Remords posthume" (Les fleurs du mal), et vice versa (sinon c'est pas drôle !).
"Remords, baise-moi, serre-moi" - Bausard
Lorsque tu dormiras, baise-moi, serre-moi,
Au fond d'un monument échauffe-moi la vie,
Et lorsque tu n'auras donne-moi je te prie,
Qu'un caveau pluvieux, amour n'a point de loi.
Quand la pierre, opprimant belle bouche pourquoi
Et tes flancs qu'assouplit quand tu seras blêmie,
Empêchera ton cœur ou la femme ou l'amie,
Et tes pieds de courir ni rien semblable à toi ?
Le tombeau, confident de tes lèvres de roses,
(Car le tombeau toujours à lèvres demi-closes
Durant ces grandes nuits mourant entre mes bras
Te dira : « Que vous sert, puis, toi ressuscitée,
De n'avoir pas connu allons ainsi là-bas,
─ Et le ver rongera vaut mieux que la nuitée.
"Remords, baise-moi, serre-moi" - Bausard
Lorsque tu dormiras, baise-moi, serre-moi,
Au fond d'un monument échauffe-moi la vie,
Et lorsque tu n'auras donne-moi je te prie,
Qu'un caveau pluvieux, amour n'a point de loi.
Quand la pierre, opprimant belle bouche pourquoi
Et tes flancs qu'assouplit quand tu seras blêmie,
Empêchera ton cœur ou la femme ou l'amie,
Et tes pieds de courir ni rien semblable à toi ?
Le tombeau, confident de tes lèvres de roses,
(Car le tombeau toujours à lèvres demi-closes
Durant ces grandes nuits mourant entre mes bras
Te dira : « Que vous sert, puis, toi ressuscitée,
De n'avoir pas connu allons ainsi là-bas,
─ Et le ver rongera vaut mieux que la nuitée.
"Maîtresse, embrasse-moi, posthume", Rondelaire
Maîtresse, embrasse-moi, ma belle ténébreuse,
Haleine contre haleine, construit en marbre noir,
Mille et mille baisers pour alcôve et manoir
Amour veut tout sans nombre, et qu'une fosse creuse ;
Baise et rebaise-moi ; ta poitrine peureuse
Te gardes-tu là-bas, un charmant nonchaloir,
A baiser (de Pluton de battre et de vouloir,
N'ayant plus ni couleur, leur course aventureuse,
En vivant presse-moi de mon rêve infini,
Bégaie, en me baisant, comprendra le poète,
Mille mots tronçonnés d'où le somme est banni,
Je mourrai dans les tiens, courtisane imparfaite,
Je ressusciterai ce que pleurent les morts
Le jour, tant soit-il court, ta peau comme un remords.
Clémence Poï Poï Poï
29 juin 2007 à 09:25
La dernière strophe sonne particulièrement bien!
Melody
29 juin 2007 à 12:08
oui ! C'est pas évident de mêler deux poèmes, en conservant un semblant d'harmonie... En tout cas l'exercice est très plaisant ! :o)