Y a un truc !
Dans le creux de ma dent fleurit une légère douleur. Je quitte mon boulot. Il est dix-sept heures. Je descend la rue, heureuse comme tous les soirs de retrouver mon Ulysse - ça s'étend insidieusement... Je m'engouffre dans la bouche du métro, espérant lui laisser ma douleur, mais ça continue, elle enveloppe maintenant les dents alentour, puis attaque la gencive. Je visualise un fil infime reliant mes molaires à mon cerveau, ça commence à taper, des ondes algiques cognent dans mon crâne tandis que la ligne treize nous transporte, pauvres cloportes, à nos stations domiciles. Freud avait raison : ‘’L’existence du sujet se resserre autour du trou de la molaire’’. C'est ça. Dolor sum. Les portes s'ouvrent précisément en face de la sortie escalator, je file et m'envole jusqu'au niveau terre, ma putain de dent continue de lancer ses éclairs. J'entre dans le square, Michèle est là. Ulysse quant à lui regarde jouer les petits dans le bac à sable, il me voit, me sourit.
- Ca a été aujourd'hui ?
- Oui ! Votre petit a percé sa première dent !
- ... !!! ??? !!!
- Ca a été aujourd'hui ?
- Oui ! Votre petit a percé sa première dent !
- ... !!! ??? !!!
