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Vertige de l'amour

J'avais commencé à écrire un texte sur mes pieds, et puis, j'ai découvert une terre sauvage..

Une terre sauvage peuplée d'âmes ancestrales, qui hantent l'île de leur souffle humide et iodé, se figeant parfois en imposants menhirs.
De vastes landes de bruyères et d'ajoncs habillent les vallons, et, lorsque nous sillonnons le pays, il nous semble que les paysages écartent leur rideau verdoyant pour nous laisser admirer l'océan.

Bercés par la beauté des lieux, nous échouons à Port-Coton.

Les flots se sont parés de leur robe argentée, tandis que le ciel s'est orné d'un doux voile gris clair.

Nous approchons lentement, découvrant progressivement la mise en perspective vertigineuse des falaises qui révèlent, au beau milieu des flots, le fabuleux spectacle des rochers noirs, sculptés par la force du vent et des assauts incessants des vagues.

A mesure que je foule la terre, je vois s'élargir le vide devant moi, un espace vierge affolant, follement attirant qui déploie une splendeur diabolique. La beauté saisit l'être et s'empare de l'âme du promeneur, le poussant à des désirs funestes de communion. C'est une beauté mordante, faite de vide et de pierre brute, de vent et d'océan, de terre et d'horizon, qui nourrit une violente sensation d'absolu.

Je suis à quelques mètres de la falaise, et je voudrais embrasser les éléments, plonger dans le paysage tout entier, me lancer à corps perdu dans la tourmente des vagues, dans le romantisme des roches noires, sentir l'air, sa fraîcheur printanière, approcher la liberté des mouettes et de leur élégante voltige...
C'est bien parce que j'aime la vie, que je suis saisie par cette enivrante sensation mêlée de sentiments, le vertige de l'amour.
Je recule de trois pas, et salue l'immensité, l'intense beauté d'une nature qui se donne à nous, toute entière...



"C'est sinistre, diabolique, mais superbe et je ne crois pas retrouver pareille chose ailleurs"
(Claude Monet)


Alors...

... nous sommes nés un 12. Nous nous sommes connus un 12. Nous avons signé le 12 !!! biggrin
Oui ! Si tout se passe bien la maison bientôt nous appartient !!!
I had a dream...
Fini Paris ! Terminé la musique en sourdine des voisins ! Fini les heures perdues à chercher une place de stationnement ! Adieu l'odieux voisin qui rote jure et pète dans les escaliers ! Terminado le bruit fracassant des bouteilles en verre jetées dans le contenaire ! A pu les troupeaux de mammouths qui dévalent les escaliers !

De l'espace !
De l'air !
Du vert !

Une nouvelle vie !

Sur le départ

Partir, enfin ! Charger la bagnole à bloc avec tout le bordel destiné à satisfaire les besoins de baby-chou pendant deux semaines... écouter Juliette, Renaud et Souchon, chanter comme des casseroles, mâcher des chouine-gommes et se passer la bouteille d'eau... faire des pauses pipi-changebaby-bib-sandwich-café sur l'autoroute, comme des beaufs, foutre des miettes partout, acheter le énième magazine spécial mamans, avec en cadeau un bavoir en plastique ou un pare-soleil pour la ouature... jouer au jeu "à quoi tu penses ?", regarder défiler les lignes blanches de l'autoroute, jusqu'à ne plus voir qu'une seule et même ligne, continue...
... observer le ciel, la forme des nuages (hélas pas d'ours ni de lapins comme dans Amélie Poulain), parler de tout, de rien, regarder les connards qui mettent pas leur clignotant et qui doublent par la droite. Râler. Dormir un peu, comme Poupinou, bercé par le ronron du moteur, se tordre le bras pour chercher la tétine coincée derrière son épaule, caresser son crâne duveteux, lui dire "t'inquiète pas mon bébé, on arrive bientôt" alors que c'est même pas vrai, on arrive dans longtemps... un jour il me demandera "C'est quand bientôt ?", je serai bien emmerdée. Quand j'étais gamine, lorsque ma mère me disait "Dans cinq minutes", je lui demandais toujours "C'est quoi cinq minutes ?" Ne sachant pas quoi répondre elle finissait par dire"C'est bientôt"...
Demain on boucle les valises, en route pour le sud, les retrouvailles familiales, le bonheur de partager du temps avec ceux qu'on aime...

Sur le sable...

















Là-bas



La mer
dans son manteau de nuit
est venue nous saluer...



Doux murmure des vagues
qui habillent le sable

pour s'enfuir aussitôt...



La lune
posée sur son nuage
luit.

Essences

Une grande lyre ronde en bois vernis, un violon iranien, bombé comme un ventre de femme enceinte - son velouté, peau de mouton tendue sous le délicat chevalet -, une corne de gazelle aux belles ondulations, un fruit de cacao séché dont les graines secrètement révèlent la douceur des chants africains, le piano à pouces, si délicat, qui nous emmène aux confins de notre enfance… Happés, nous fermons les yeux et écoutons, bercés par les rêveries de terres lointaines et de danses traditionnelles. Libérés de nos incertitudes, nous effleurons l'essentiel.

Temps pis

Heureux qui comme Ulysse...

Espace

Liberté

Dans quelques heures je serai libre ! La vie quotidienne, aussi riche et épanouissante soit-elle, me pèse. Je ne puis travailler convenablement, je papillonne dans la paperasse et dans les paroles des autres, mon écoute n’est plus flottante, elle est errante. Les yeux tournés vers l’intérieur. Comme disait Thom, je suis habitée, et ça n’est pas rien, je ne puis l’oublier : je le sais, je le sens, je l’attends.
Demain, escapade ! Les vignes à perte de vue, les longues soirées sur la terrasse, à parler de tout et de rien, l’atelier de mon père – caverne d’Ali-Baba -, la présence rassurante des cinq chats, des livres dans toutes les pièces - même sous le lit !, le bureau de ma mère – petit nid douillet -, la promenade du soleil couchant, les coléoptères qui traversent lentement le petit chemin, et les figues embryonnaires !, la ballade de la source, belle et mystérieuse, les longues nuit de sommeil, et les volets blancs qui grincent pour enfin laisser pénétrer dans la chambre l’éclat d’une belle journée, les fleurs – un pot sur chaque marche de l’escalier -, le panier de fruit, toujours plein, les journaux un peu partout, les transats au bord de l’eau limpide et douce comme une caresse, la chaleur du soleil sur ma peau, les nuits d’ébène bercées par le hululement de la chouette, le rire des filles qui jouent dans le jardin, le piano majestueux, le regard tendre de mon aimé sous le ciel bleu du Quercy blanc…
J’y suis déjà un peu, beaucoup, passionnément…

Horizon

Elle était si jolie, cette enfant dont la joie étincelante illuminait notre vie !
Une petite fille brune au malicieux minois, cheveux longs et riant aux éclats.
Le rêve fut bref, et le bonheur, doux comme une caresse.
Et le bonheur,
doux
comme une promesse…



Colette Magny - Melocoton

Tout va bien

Mon frère a soudainement pris un coup de vieux, mes nièces ont crié de joie, mon neveu coprophile a continué de rechercher des fiantes d'oiseaux dans le jardin, ma belle-soeur s'est rappelé notre première rencontre - j'avais six ans, mon père s'est sifflé une flûte de Champagne, ma mère a regretté de ne pas être là, ma chère vieille amie a déposé un cierge au Saint des Crétins, mon toubib m'a souri avec tendresse, ma directrice-mère-poule m'a donné de précieux conseils, ma collègue musicienne m'a enlacée, mon chat ne m'a pas lâchée depuis trois jours, mon homme non plus d'ailleurs, et notre petit embryon, lui, semble bien accroché à la vie...

Horizon(s)

Tant de mots, tant d'émotions et de rêves qui se muent en un réel désir enfin accessible, ouvert à l'horizon des possibles. Enfant j'avais deviné, je savais que mes 26 ans seraient l'âge de l'épanouissement, de l'accomplissement.
Hier nous avons fait du rêve un projet, une colonne + bien remplie, une colonne - assez maigre, l'évidence était là, devant nous, sur ce set de table en papier Hippopotamus qui nous souhaitait une heureuse année 2007 !
...
Un bébé
...
Une nouvelle vie qui commence
...
Et un amour plus fort que jamais.

I have a dream !

Je rêve d'espace et de liberté.
Exit le parquet qui grince, le claquement des portes, la kitchenette-cage-à-poules, les pas des voisins, leur rire et leurs amis, la litière du chat dans la baignoire, les bouteilles lancées dans le contenaire à verre dans un fracas hérissant, la crasseuse jardinière, fade et fânée, bourrée d'ignobles parasites, les camions Monoprix et ceux des poubelles qui stagnent devant la fenêtre, tôt le matin, les amas de paperasse – pas la place, la tévé de la voisine noctambule et sourde, et l'autre qui dévale les escaliers sur les talons, le ravalement de façade, les ouvriers devant la fenêtre de la kitchenette, Melody qui râle et le chat qui s'ennuie à en gober les mouches.
Je rêve de poser mon cul sur l'herbe, de marcher sur du carrelage, d'entendre les oiseaux et les rires de Samuel et Lou, de dormir dans le silence et l'obscurité, je rêve de voir la couleur du ciel, d'écouter de la musique très fort, de planter du persil et de la ciboulette, d'avoir de la place pour ranger le bordel et préparer des petits plats, je rêve de lire au soleil, de voir courir le chat, d'embrasser la liberté.