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Apostanagrammes

   
Jolie paranoïa des mets

mijotés, parodies à élan,

Eros, je t’isole di Panama,

de Japon, moraliste Asie.

Eros, naja, idole, ma piste,

mon Eole se tapira jadis

dans la joie. Ose, primate !

Soprano jamais délitée,

je molestai son ara pied.

Jean, apôtre moisi, las de

parias nomades et jolie

damnée, je parlotais iso-

-lément à Rioja, déposais

les jades maorie à piton.

Ô empire, diastase, jalon,

piédestal majoré à soin :

si le tajine d’or sape Mao,

j’oserais Pilate à démons.
  
-
   
17/03/2004

Texte clin d'oeil à Jean-Marie Apostolidès, fidèle ami de la famille.
Chaque vers est un anagramme de son prénom et de son nom.

Juste là


Douce oraison,
Floraison joyeuse mêlée de pétales flasques.
Traque boueuse, l’éclat des obus
Fracasse nos entrailles
Etrique les tourments
Eclate les tracas
Déments.
Songes imprégnés des sens
Mélancolia déambulant
Au coin de la rue,
Juste au tournant.

Juste là,
Un soldat
Attend.
Atterré, acéré, humant le fumet du dernier impact,
Les yeux enfoncés sous un casque de plomb
La mémoire asséchée par le vent d’occident
Il attend.
Son souffle, rugueux et fétide
La tempe toute humide
Ses mains, sèches et terreuses
Se figent.
Silence sur la plaine.
Silence 

Enfoui dans la mémoire
De ceux qui sont partis
Du creux de sa vie,
Enfoui sous les décombres,
Sous cette terre nourricière,
Étouffé par le temps,
Dévoré par les ombres,

Il attend.





02/11/2002

Allez plus loin que vos rêves


Allez plus loin que vos rêves
Pour l’avenir du poulet.
Plus près de toi
Un tout petit bruit très délicat
Marchait sur les draps
Fallait-il ouvrir les réalités ?
Surtout ne pas bouger
Surgir à la peur,
Retenir le ventre,
Oublier d’être vivant

26/11/1989 - découpage/collage
(j'avais huit ans)

Salomé

Je cherchais ce texte, écrit il y a quatre ou cinq ans, je ne sais plus. L'ai retrouvé...

Extirper la carotide par les dents fuselées de hargne
Marche belliciste poings tendus
Dans la terre souillée de râles et de spasmes
Sanguinolents
Les hordes insouciantes
Qui rampent sur des coquilles cassées
Hennissent leur troisième rhapsodie.

Danse, Salomé !
Les ossuaires te portent aux nues
Les larmes caustiques sur ton front
Ne creuseront pas ta pénitence. 
Sa tête est là, érigée sur un piédestal
Lézardé de rognures
Elle suinte.
Prends-là.

Laisse les agonies aux creux de ta main
Se disperser.
Beuglement des charognes
A six kilomètres au nord
Les ombres arachnides
Arrachent leurs cœurs de sable
Au gré du firmament.

Keywords analysis # 3

.
je voudrais être un arbre ou un chagrin d'amour,

un ventre troubadour

sur le sable nu.

la brume du matin dessine

un cerisier fantôme

plongeant sa solitude dans une terre

obscure.


j’embrasse mon amie oubliée,

douce hirondelle voyageant dans un rai de lumière,

et nous déambulons au fil des orages

là où vont nos prières

et nos fragiles regards.


Antigone aux yeux funambules,

je paresse dans l’instant

maternel,

fécondant chaque jour

le sable sacré de mon histoire.


[Texte mêlant les mots clés repérés par les moteurs de recherche pour arriver sur mon blog - voir texte 1 et 2]

Adèle

Le temps d’une avalanche, son esprit engourdi digère le symptôme de sa folie. Elle déblatère des mayonnaises sordides, le doigt posé sur sa tempe, à l’affut du moindre éclat. A la fenêtre tourbillonnent les sermons hypocrites, cognant au hasard les parois de la vitre comme la foudre vrombit dans les poussières d’ombre. Elle s’ensommeille, errant en des monts de paroxysmes et de métaphores, écartant de ses paupières opalines la clarté du réel. Les racines séculaires se nouent, étouffent ses sursauts empiriques, puis s’enroulent dans une vague lunaire qui disparaît dans un point de fuite que rien n’arrête. Adèle, merveilleuse infante des limbes obscures, orne de son souffle glacé la puissance de l’éphémère.

Antigone

Petite fille maudite
Aux cheveux mal peignés
Amoureuse du
Jour qui se lève
La lumière du matin
Le silence de l’instant

Amoureuse de la vie
Petite fille maudite
Aux bras bien trop maigres
Pour s’y accrocher
Folle de cette liberté
Que tu n’auras jamais
Et du vide qui se creuse
Tout autour

Petite fille maudite
Tu dis non avec la tête
Et adieu avec le cœur
Seule parmi les ombres
Clamant dans le désert
Tes rêves d’enfant
Et ta soif d’absolu

Le monde sera juste
Ou tu ne seras plus.

Keywords analysis # 2

Suite à ce premier article mêlant en un texte les mots clés repérés par les moteurs de recherche pour arriver sur mon blog, voici un deuxième melting pot :

L'orage va gronder, promets moi de signer pour cent ans. Les ennemis de Pernaut, gracieux, font un rêve où des enfants glissent comme des fantômes dans le frigo dans l'antiquité. Le temps des noyaux a perdu la main. Arthur, embrasse-moi, baise-moi, serre-moi ! Viens chez moi .... on se mettra sous les draps pour regarder la pluie
Entre ma femme et moi pas d'équivalent… ça ne fait rien viens donne moi la main !
Zoé, la femme nue aux petits seins (démarche féline du chat), pied dans le sable mouillé, pleure quand il pleut. Ses cheveux abîmés par le vent fourmillent dans les étoiles, et sa culotte transparente dessine un cœur, c’est la solitude de l’ange.
Voila combien de nuit que les deux fillettes enfouies sous une pierre vivent leur secret ? Y a-t- il de l’eau sous le cerisier turquoise ? Les enfants voyagent sur un fil, leurs paroles me frôlent de leurs regards penchés sous les tambours du mektoub.
Chantons tous mazaltov ! Les empreintes merveilleuses de nos pas prient la naissance d’Ulysse ! La fouine et le chat promettent un beau voyage…

Allez plus loin que vos rêves

J'ai retrouvé ce poème, écrit il y a dix-sept ans. Le dimanche, nous nous installions ma mère et moi dans son bureau, et nous découpions des bouts de phrases dans les journaux, des mots, des lettres, des photos... éparpillés un peu partout sur la belle moquette rouge - les chats roupillaient sur les piles de papiers déchirés, et nous passions des heures à réinventer les mots, à inventer un autre monde...

Allez plus loin que vos rêves
Pour l’avenir du poulet.
Plus près de toi
Un tout petit bruit très délicat
Marchait sur les draps
Fallait-il ouvrir les réalités ?
Surtout ne pas bouger
Surgir à la peur,
Retenir le ventre,
Oublier d’être vivant

26/11/1989

Keywords analysis

Sous le sable, le ventre est encore fécond d'où a surgi la bête
Les yeux dans l'eau, ma petite culotte mélodie du corps et de l'âme
Symbole rêve musulman imagine fleur
Hématome sur doigt de pied
Cioran douleur.
Seul sous le sable les yeux dans l'eau
Magritte quilles sur fond bleu
Horizon de sable.

[texte mêlant les mots clés des moteurs de recherche pointant sur mon blog - à compléter]

Erreur fatale

Tiens, Paul, j'ai exhumé ce texte, en écho au tien...

"J'ai défragmenté mes pensées, fait un scandisk de ma carte mère, delete les virus qui rongeaient ma peau, j'ai contrôle alt suppr les erreurs 404, forwardé les syntax error, supprimé mes favoris, nettoyé la mémoire vive, envoyé le voisinage réseau sur les roses, j’ai croqué les disquettes, explosé Explorer, téléchargé ma colère, flingué les plug-in, j'les ai tous mis out ! J'ai pompé les pop-up, arraché les câbles, déchiré le papier-peint, chiffonné le shift, aspiré les spams, hurlé aux oreilles des URL, exit les diagnostics ! J’ai appelé les applets, j’ai emmêlé les liens, rendu flou le Net, écrasé les informations, compressé la mémoire, neutralisé les maux de passe, j’ai égorgé les registres, décimé les cyber, fuck les FAQ, gobé le débogage, j’ai fait la Java avec les niveaux de sécurité, j’ai disjoint les pièces jointes, craqué les hackers, j’ai fermé toutes les fenêtres, j’me suis déconnectée de la couleur, j’ai mordu les gigabits, quitté les contacts j’ai navigué dans les historiques, désinstallé les ports, installé des domaines, déchiré la toile, bouffé tous les cookies, bloqué les octets, j’ai dévalisé la banque de données, supprimé les fichiers qui font chier, j’ai recherché les profils, filtré les tâches, infiltré les réseaux, exécuté les menus, j’ai glissé des icônes dans des boîtes de dialogues, j’ai basculé dans l’écran de veille, j’me suis rongé les onglets, j’ai raccourci la souris et effacé les lecteurs, j’ai désinstallé le gestionnaire, pissé sur les pixels et tapé sur le clavier, j’ai aligné les modems, vidé les extensions, exproprié les priorités, j’ai paramétré les trames et les thèmes, fusionné les langues, j’ai mis du taboulé dans les tabulations, du fromage dans le formatage, de la béchamel dans l’HTML, j’ai saigné les signets, dépucelé les puces, craché sur les bordures, j’ai mis de la menthe dans l’imprimante, du rhum dans le CD-Rom, des biscottes dans les disquettes, des chips dans le chipset, j’ai mis du mou dans le disque dur, mon annulaire dans le formulaire, j’ai inséré des calculs dans les colonnes, j’ai mis en cage la mise en page, annulé l’allumage, surligné les apparences, j’ai mis Mickey dans les maquettes, j’ai masqué tous les effets, émasculé les matricules, j’ai mis ta mère dans le scanner, ta sœur dans le processeur, et puis j’ai pris le chemin d’accès, je suis arrivée sur la plateforme, devant le format paysage, j’ai pris une bonne résolution et j’ai attendu mon bus système."

21/05/2004

Babylone

Percée onirique piquée au vif de mes mains encore hésitantes
l'horloge mécanique frappe
la tempe écaillée
fêlure damnée pour que la poudre bleue s'évapore dans les
eaux de l'Euphrate
Elle qui passe son temps
à se cogner le crâne contre les éclaboussures
marécageuses
la main sur la bouche
parce que la signalétique de l'épingle plisse les yeux
moue stridente
fracas frontal je mise sur le 5,
cinquième lobe temporal accroché au
fil de la turpitude
contemplation massive à quelques millimètres de
l'incertitude
elle crie dans l'éphémère
se désarticule pupilles dilatées,
enroulée sur sa peine à la porte d'Ishtar.

Hic Rhodus, hic salta !

Et nous resterons quelques " abstraits "
Comme les oiseaux de nuit de préférence
Comme les oiseaux du malheur...

Epuisée. Dernière épreuve dans quelques heures, ananas dépiauté découpé en petits dés rapidement engloutis. Relire sans cesse, reprendre son souffle, ramasser son esprit ankylosé, caresser les moustaches du chat et de l'homme, rêver de s'endormir dans les feuilles, rêver de mots aériens, dénués de sens, virevoltants. Fermer les yeux un instant et apercevoir les mains de Morphée qui se tendent vers moi et attisent l'évanouissement onirique tant désiré. Résister. Inlassablement. Procrastiner mon sommeil, Mon doux Morphée, te suis infidèle, Dame Nuit Blanche sur moi veille... Ouvrir les réalités, inlassablement, se faire violence, dernier rempart, premier impact et ces mots qui se balancent, intacts. L'archange de la lune veille. Rêver d'un temps funambule, s'accrocher au fil de l'envie. Vaciller en silence. Petite plume de désespoir chancelant au gré des mirages, flamboyants. Suspendue à sa propre image, elle danse au dessus des nues, se prélasse du non-advenu. Anachronisme délétère, promiscuité accrue, elle s'enlise dans des promesses lilliputiennes, son pied qui glisse dans les limbes spacieuses semble ne plus lui souffrir. Engoncée dans des myriades fantastiques, elle se mutine enfin au risque de s'y plaire, brandit son regard espiègle sur le monde en décomposition, et s'écrie : Hic Rhodus, hic salta !

Long ago and far away

Yeux qui crépitent tête déboulonnée les bras ballants je range mes mille-feuilles je ne pense plus les mots emmêlés je me prends les pieds dans les lignes les lettres se bousculent des pages et des pages qui prennent le large un souffle à fleur de concepts et puis tout s'arrête.

Assise sur mon ennui je m'étends et détends ma lassitude au point de non-retour écran noir et paupières apathiques je mastique le fur-et-à-mesure et m'échappe dans l'arrière-pays de mes rêveries aseptisées...