Affichage des articles dont le libellé est bébé. Afficher tous les articles
Le nourrisson savant
Il y a quelques nuits, je rêvai de ma fille, joli poupon à la peau délicate et au regard ardent d'intelligence. Comme ce fut le cas pour mon fils, elle portait en elle la Connaissance, qu'aucun ange n'avait effacé de son doigt gracile.
Ainsi, ma fille, née la veille, s'exclamait :
"Je veux écouter de la musique !"
Petite
Un blanc lumineux, un bleu orage, du vieux rose un peu prune, un jaune tendre... La joie retient son souffle dans cette chambre vide qui n'attend que toi, petite /
La maison toute entière, les chats, les pierres, les arbres et le ciel de Mandres-les-Roses, n'attendent que ton sourire /
Tu es là, lovée pour quelques mois
en moi
qui te love déjà /
et nos regards posés sur la peau tendue
de mon ventre dodu
te caressent de tout notre amour /
Y a un truc !
Dans le creux de ma dent fleurit une légère douleur. Je quitte mon boulot. Il est dix-sept heures. Je descend la rue, heureuse comme tous les soirs de retrouver mon Ulysse - ça s'étend insidieusement... Je m'engouffre dans la bouche du métro, espérant lui laisser ma douleur, mais ça continue, elle enveloppe maintenant les dents alentour, puis attaque la gencive. Je visualise un fil infime reliant mes molaires à mon cerveau, ça commence à taper, des ondes algiques cognent dans mon crâne tandis que la ligne treize nous transporte, pauvres cloportes, à nos stations domiciles. Freud avait raison : ‘’L’existence du sujet se resserre autour du trou de la molaire’’. C'est ça. Dolor sum. Les portes s'ouvrent précisément en face de la sortie escalator, je file et m'envole jusqu'au niveau terre, ma putain de dent continue de lancer ses éclairs. J'entre dans le square, Michèle est là. Ulysse quant à lui regarde jouer les petits dans le bac à sable, il me voit, me sourit.
- Ca a été aujourd'hui ?
- Oui ! Votre petit a percé sa première dent !
- ... !!! ??? !!!
- Ca a été aujourd'hui ?
- Oui ! Votre petit a percé sa première dent !
- ... !!! ??? !!!
A ma place
Je passe mon temps à m'interroger sur le Temps. J'ai arrêté de travailler pendant presque dix mois, et j'ai le sentiment, en reprenant ma "place" au boulot, que je ne l'ai jamais quittée. Quelques choses ont changé. Certains sont partis, d'autres sont arrivés, et mon bureau malgré mon remplacement est resté intact. Ma coquille. Les deux tableaux ont été accrochés, les roses en plastique sont toujours là, je retrouve ma belle bibliothèque à vitrine et l'affiche de De la Tour, derrière la porte. Quelques jours ont suffi. Je m'y sens bien.
Les trois premières journées, en quittant Poupinou le matin, j'ai ressenti un grand vide, ça tournoyait dans ma tête, ça creusait mon ventre, j'avais besoin de le sentir contre moi, de le voir sourire, d'entendre ses éclats de rire, d'être avec lui tout simplement. Les larmes n'étaient pas loin. Et puis le travail a masqué le manque, et lorsque le soir j'apprenais que mon fils avait été sage et joyeux, je ressentais comme une déception. Lui n'avait donc pas été triste de ne pas me voir... Peut-être ne m'aimait-il plus ? ... Je souriais intérieurement d'être aussi sotte, je pensais que tous les parents devaient passer par là. La fameuse séparation ! Mais...
j'ai découvert le bonheur de retrouver Poupinou le soir.
J'ai redécouvert le plaisir de travailler, de me sentir utile pour les autres, la société.
Je redécouvre le soulagement d'être en week-end, deux jours complets de liberté !
Et je me découvre capable de conjuguer amour, famille et travail.
Reste à retrouver mon énergie d'antan : je suis peut-être une super-woman mais je traîne la patte et mon lit me manque encore trop souvent...
Mais, comme toujours : il faut laisser du temps au temps (drôle d'expression, tiens !)
Les trois premières journées, en quittant Poupinou le matin, j'ai ressenti un grand vide, ça tournoyait dans ma tête, ça creusait mon ventre, j'avais besoin de le sentir contre moi, de le voir sourire, d'entendre ses éclats de rire, d'être avec lui tout simplement. Les larmes n'étaient pas loin. Et puis le travail a masqué le manque, et lorsque le soir j'apprenais que mon fils avait été sage et joyeux, je ressentais comme une déception. Lui n'avait donc pas été triste de ne pas me voir... Peut-être ne m'aimait-il plus ? ... Je souriais intérieurement d'être aussi sotte, je pensais que tous les parents devaient passer par là. La fameuse séparation ! Mais...
j'ai découvert le bonheur de retrouver Poupinou le soir.
J'ai redécouvert le plaisir de travailler, de me sentir utile pour les autres, la société.
Je redécouvre le soulagement d'être en week-end, deux jours complets de liberté !
Et je me découvre capable de conjuguer amour, famille et travail.
Reste à retrouver mon énergie d'antan : je suis peut-être une super-woman mais je traîne la patte et mon lit me manque encore trop souvent...
Mais, comme toujours : il faut laisser du temps au temps (drôle d'expression, tiens !)
