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A ma place

Je passe mon temps à m'interroger sur le Temps. J'ai arrêté de travailler pendant presque dix mois, et j'ai le sentiment, en reprenant ma "place" au boulot, que je ne l'ai jamais quittée. Quelques choses ont changé. Certains sont partis, d'autres sont arrivés, et mon bureau malgré mon remplacement est resté intact. Ma coquille. Les deux tableaux ont été accrochés, les roses en plastique sont toujours là, je retrouve ma belle bibliothèque à vitrine et l'affiche de De la Tour, derrière la porte. Quelques jours ont suffi. Je m'y sens bien.
Les trois premières journées, en quittant Poupinou le matin, j'ai ressenti un grand vide, ça tournoyait dans ma tête, ça creusait mon ventre, j'avais besoin de le sentir contre moi, de le voir sourire, d'entendre ses éclats de rire, d'être avec lui tout simplement. Les larmes n'étaient pas loin. Et puis le travail a masqué le manque, et lorsque le soir j'apprenais que mon fils avait été sage et joyeux, je ressentais comme une déception. Lui n'avait donc pas été triste de ne pas me voir... Peut-être ne m'aimait-il plus ? ... Je souriais intérieurement d'être aussi sotte, je pensais que tous les parents devaient passer par là. La fameuse séparation ! Mais...
j'ai découvert le bonheur de retrouver Poupinou le soir.
J'ai redécouvert le plaisir de travailler, de me sentir utile pour les autres, la société.
Je redécouvre le soulagement d'être en week-end, deux jours complets de liberté !
Et je me découvre capable de conjuguer amour, famille et travail.
Reste à retrouver mon énergie d'antan : je suis peut-être une super-woman mais je traîne la patte et mon lit me manque encore trop souvent...
Mais, comme toujours : il faut laisser du temps au temps (drôle d'expression, tiens !)

Couleur caca

Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. Demain matin, j'irai au boulot. Demain matin, je me lèverai tôt. J'ai pas envie d'être demain matin.

Tripalium...

Aujourd'hui je suis passée devant mon boulot. Gros coup de déprime, vent de panique à l'idée d'y retourner dans deux mois, de reprendre ma vie d'avant. Sans mon gros ventre, sans leurs bonnes intentions. Poupinou in the crèche - terminées les journées de bonheur absolu. Comme tout le monde je verrai mon bébé le matin un p'tit peu, et le soir un p'tit peu. C'est ça la vie. Déjà dès demain c'est mon homme que je ne verrai plus qu'un p'tit peu. Il a trouvé un boulot normal. Il se lèvera à 7h30 se rasera et partira au turbin sacoche en main. Moi qui nage dans le principe de plaisir comment j'vais faire ? Je voudrais tout ma vie prendre mon temps. L'observer. Le regarder filer, lentement. Passer sa vie à travailler, ah ça non. Tout nous échappe. Tout s'accélère, parce que dès le lundi matin on espère qu'une chose, c'est arriver au vendredi soir.
Alors forcément on ferme les yeux la semaine durant, on regarde là où on nous dit de regarder, on fait ce qu'on nous dit de faire. Et puis on ouvre enfin les yeux, semaine achevée, deux jours de liberté devant nous, deux jours qu'on espère lents et plaisants, on voudrait en profiter, mais ils nous glissent entre les doigts, et s'enfuient aussi vite que les jours de labeur. La valeur travail ! La valeur rien-foutre, oui ! J'aime mon boulot mais ce soir je clame mon immense désir de ne plus y foutre les pieds ! Je suis nulle, j'ai pas envie d'être à ma place, j'la donnerais bien tiens ! J'veux pas écouter, analyser, prendre des décisions, gérer, m'interroger, travailler en équipe, bah !! J'veux pas voir leurs têtes ! Ni entendre leurs plaintes, leurs gémissements, leurs angoisses ! Bah ! J'veux rester au chaud dans ma p'tite bulle de joie avec mon chéri mon bébé mon connard de chat et mon p'tit chez-nous. J'veux rien qu'du plaisir rien qu'du bonheur que des beaux projets, j'veux rester sur mon nuage, pas redescendre - pour quoi faire - balayer le principe de réalité, camper sur ma position de grande gamine qui veut pas r'tourner à l'école. Et puis c'est tout.

Peinture de Carmen Segovia