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Apostanagrammes

   
Jolie paranoïa des mets

mijotés, parodies à élan,

Eros, je t’isole di Panama,

de Japon, moraliste Asie.

Eros, naja, idole, ma piste,

mon Eole se tapira jadis

dans la joie. Ose, primate !

Soprano jamais délitée,

je molestai son ara pied.

Jean, apôtre moisi, las de

parias nomades et jolie

damnée, je parlotais iso-

-lément à Rioja, déposais

les jades maorie à piton.

Ô empire, diastase, jalon,

piédestal majoré à soin :

si le tajine d’or sape Mao,

j’oserais Pilate à démons.
  
-
   
17/03/2004

Texte clin d'oeil à Jean-Marie Apostolidès, fidèle ami de la famille.
Chaque vers est un anagramme de son prénom et de son nom.

Christophe Maé revisited

Parmi les exercices oulipiens, on trouve le fameux S+7, contrainte qui consiste à remplacer chaque substantif (S) d'un texte préexistant par le septième substantif trouvé après lui dans un dictionnaire (S+7) donné. On peut ensuite décliner l'exercice à l'infini en choisissant de modifier les Substantifs, les Verbes, les Adjectifs etc, +7 ou + ce qu'on veut !

J'ai tout de suite pensé à la chanson idiote de ce nabot pédant de Christophe Maé, que Lisou a intelligemment décryptée. Elle s'appelle Mon Paradis. En S+11 ça donne Mes parages. Pour corser l'exercice, j'ai ajouté une contrainte : le V+5 (on remplace chaque verbe par le 5ème trouvé après lui dans le dico).


Voici la version originale :

Bien dans ma peau
Tu es celle que je suis
Alors promets moi de me faire un enfant
Même dans le dos
Si vraiment tu en meurs d'envie
Et là je serai le meilleur des amants
Comme une envie d'aller faire un tour
Du côté de nos amours

Viens chez moi te mettre à l'abri
On ira sous les draps écouter la pluie
Viens chez moi te mettre à l'abri
Voir mon paradis
Voir mon paradis

Mon alter égo
Fuis moi je te suis
Alors promets moi de signer pour cent ans
J'aime pas pour de faux
Mais seulement pour la vie
Et là je nous vois comme de vieux amants
Comme une envie d'aller sans retour
Du côté de nos amours

Viens chez moi te mettre à l'abri
On ira sous les draps écouter la pluie
Viens chez moi te mettre à l'abri
Voir mon paradis
Voir mon paradis
Et on fera ...
Dam, dam, dam ...

Comme une envie d'aller faire un tour
Du côté de nos amours
Comme une envie d'aller sans retour
Avec toi mon amour


Et maintenant la version S+11 V+5














Bien dans ma pêche
Tu étripes celle que je supplante
Alors pronostique-moi de me familiariser une enflure
Même dans le dossier
Si vraiment tu en moyennes d'enzyme
Et là j'étriperai le meilleur des amauroses
Comme un enzyme d'allumer familiariser une tourelle
Du côté de nos ampérages

Verdoie chez moi te miauler à l'abscisse
On allumera sous les dreadnoughts écrêter le plumitif
Verdoies chez moi te miauler à l'abscisse
Voleter mes parages
Voleter mes parages

Mon althéa
Fuselle-moi je te supplante
Alors pronostique-moi de similiser pour cent anacoluthes
J'ajoute pas pour de faux
Mais seulement pour la vierge
Et là je nous volette comme de vieux amauroses
Comme un enzyme d'allumer sans retraite
Du côté de nos ampérages

Verdoie chez moi te miauler à l'abscisse
On allumera sous les dreadnoughts écrêter le plumitif
Verdoies chez moi te miauler à l'abscisse
Voleter mes parages
Voleter mes parages
Et on familiarisera ...
Damier, damier, damier ...

Comme un enzyme d'allumer familiariser une tourelle
Du côté de nos ampérages
Comme un enzyme d'allumer sans retraite
Avec toi mon ampérage

__________________________

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je trouve cette nouvelle version bien plus transcendante !!!

Alexandrin greffé

Définition :
“ Sur le vide papier sont les chants les plus beaux ” Mallurset.
Ce vers a été obtenu en greffant un hémistiche emprunté à un alexandrin de Mallarmé sur un hémistiche emprunté à un alexandrin de Musset, d’où le nom de Mallurset, affecté à son auteur supposé. Le procédé de la greffe permet de composer à foison des alexandrins parfaitement originaux et parfaitement classiques.

Exemple :
Greffe du sonnet de Pierre de Ronsard "Maîtresse, embrasse-moi, baise-moi, serre-moi" (Sonnets pour Hélène) sur celui de Charles Baudelaire "Remords posthume" (Les fleurs du mal), et vice versa (sinon c'est pas drôle !).

"Remords, baise-moi, serre-moi" - Bausard

Lorsque tu dormiras, baise-moi, serre-moi,
Au fond d'un monument échauffe-moi la vie,
Et lorsque tu n'auras donne-moi je te prie,
Qu'un caveau pluvieux, amour n'a point de loi.

Quand la pierre, opprimant belle bouche pourquoi
Et tes flancs qu'assouplit quand tu seras blêmie,
Empêchera ton cœur ou la femme ou l'amie,
Et tes pieds de courir ni rien semblable à toi ?

Le tombeau, confident de tes lèvres de roses,
(Car le tombeau toujours à lèvres demi-closes
Durant ces grandes nuits mourant entre mes bras

Te dira : « Que vous sert, puis, toi ressuscitée,
De n'avoir pas connu allons ainsi là-bas,
─ Et le ver rongera vaut mieux que la nuitée.

"Maîtresse, embrasse-moi, posthume", Rondelaire

Maîtresse, embrasse-moi, ma belle ténébreuse,
Haleine contre haleine, construit en marbre noir,
Mille et mille baisers pour alcôve et manoir
Amour veut tout sans nombre, et qu'une fosse creuse ;

Baise et rebaise-moi ; ta poitrine peureuse
Te gardes-tu là-bas, un charmant nonchaloir,
A baiser (de Pluton de battre et de vouloir,
N'ayant plus ni couleur, leur course aventureuse,

En vivant presse-moi de mon rêve infini,
Bégaie, en me baisant, comprendra le poète,
Mille mots tronçonnés d'où le somme est banni,

Je mourrai dans les tiens, courtisane imparfaite,
Je ressusciterai ce que pleurent les morts
Le jour, tant soit-il court, ta peau comme un remords.

Acrostiche universel

Définition :
A partir d’un nom ou d’un mot donné, l’acrostiche est un poème qui compte autant de vers que ce mot compte de lettres, et dont le premier vers commence par la première lettre du mot, le deuxième par la deuxième, et ainsi de suite.Les variations classiques et oulipiennes sur l’acrostiche sont abondantes et toutes estimables : initial, final, interne, multiples, en croix, en large et en travers.Avec seulement vingt-six vers dont les initiales épuisent l’ordre alphabétique, l’acrostiche universel permet d’en composer pour toutes les occasions imaginables.

Exemple :
Avec tout son amour
Bercé d'éternité
Cette étoile d'un jour
De joie et de gaieté
Eblouissait toujours.
Femme-enfant amusée
Grandissait en un tour
Hier étant passé
Irradiant les cœurs lourds.
Je marchais tête baissée,
Klimt était de retour,
Le soleil de l'été,
Merveilleux troubadour,
Nous donnait sa bonté,
Ornait avec humour,
Parlait de la beauté
Qui règnait alentour.
Rayonnante dulcinée,
Salomé sans détours
Tardant à se donner,
Un regard de vautour,
Vigoureuse volupté...
Wagner et son tambour
Xylophage et ruiné
Y trônait, tout autour
Zinzinnant tel tsé-tsé

Ce qui peut également donner :

Femme-enfant amusée
Rayonnante dulcinée
Eblouissait toujours
De joie et de gaieté
Ornait avec humour
Un regard de vautour

Cette étoile d'un jour
Hier étant passé
Eblouissait toujours
Rayonnante dulcinée
Irradiant les cœurs lourds

Tardant à se donner
Un regard de vautour

Eblouissait toujours
Salomé sans détours

Cette étoile d'un jour
Eblouissait toujours
Le soleil de l'été
Un regard de vautour
Irradiant les cœurs lourds

Qui règnait alentour
Un regard de vautour
Irradiant les cœurs lourds

Irradiant les cœurs lourds.
Le soleil de l'été
Le soleil de l'été
Un regard de vautour
Merveilleux troubadour
Irradiant les cœurs lourds
Nous donnait sa bonté
Eblouissait toujours

Merveilleux troubadour
Avec tout son amour

Vigoureuse volupté
Irradiant les cœurs lourds
Eblouissait toujours

A vous.

Acronyme

Définition :
Groupe d’initiales abréviatives.

Exemple :
Bicéphal : Biennale de la Céramique Phallique.

A vous.

Abécédaire

La vie vous semble sereine, elle coule de source et vous vous la coulez douce ? Qu'à cela ne tienne ! Une lichette de contrainte vous ferait le plus grand bien. C'est ici que ça se passe. A chaque jour sa contrainte. Oulipo is back.

Abécédaire
Définition :
Texte où les initiales des mots successifs suivent l’ordre alphabétique.

Exemple :
A
dieu braves compagnons ! Déméter est faible, Gaïa hurle, implorant Junon ! Kabbale légendaire, miséricorde ou Nirvana perdu ? Quiconque rase sa Terre ultime vieillit wagnérien xénophobe, yakusa zoomorphe.

A vous.