Ou pas.

L'avant-dernière nuit, je tentais d'échapper à une gigantesque tornade qui avalait tout sur son passage... le village de mon enfance, les petites maisons beauceronnes, le chemin qui mène de Soignolles à Tillay-le-Péneux, les rares arbres du pays... Je courrais à travers champs, pour ne pas disparaître à mon tour dans le tourbillon menaçant qui s'approchait à vive allure... Cachée, recroquevillée je ne sais où, j'attendais.
Après un long temps de dévastation, le silence se fit.
La tornade avait perdu sa force, son élan, à quelques centimètres de moi.
Elle avait renoncé.
Le magicien d'Oz, de Victor Fleming

mnêsis #8


Être là...

Être là, près d'une dame de 108 ans, tenir sa main, porter un instant avec elle le poids de son chagrin et de sa fatigue, l'écouter me dire entre les larmes qu'elle veut retrouver sa maman, parce que la vie est trop longue, parce qu'elle n'en finit plus - quel ennui, ô maman, quel ennui... - se laisser embrasser la joue, parce que c'est bon de donner un baiser à quelqu'un qui vous écoute, embrasser la sienne, toute osseuse, pour apaiser un instant sa tourmente, et la voir sourire, enfin, cette dame du début du siècle dernier...

mnêsis #7


mnêsis #6