Euphorisme # 204


Un eunuque décapité
ça n'a ni queue ni tête.



Antigone

Petite fille maudite
Aux cheveux mal peignés
Amoureuse du
Jour qui se lève
La lumière du matin
Le silence de l’instant

Amoureuse de la vie
Petite fille maudite
Aux bras bien trop maigres
Pour s’y accrocher
Folle de cette liberté
Que tu n’auras jamais
Et du vide qui se creuse
Tout autour

Petite fille maudite
Tu dis non avec la tête
Et adieu avec le cœur
Seule parmi les ombres
Clamant dans le désert
Tes rêves d’enfant
Et ta soif d’absolu

Le monde sera juste
Ou tu ne seras plus.

Lundi matin

Le jardin était nappé de blanc dans la lueur de l'aube. Des petites empreintes de pattes d'oiseaux traçaient un chemin discret. On serait bien restés là, à contempler notre petit bout de jardin, à compter les bourgeons, à s'émerveiller devant le grand laurier caressant sur chaque feuille une fine couche de neige. L'air glacé s'engouffrait dans nos gorges, déployant nos poumons tous fanés du matin. On serait bien restés là, quelques pas en arrière dans la véranda, à contempler au chaud le spectacle hivernal. Assis sur le siège africain, face à l'âtre rougeoyant de braises, tu aurais fermé les yeux, comme un félin bienheureux. Je t'aurais regardé tendrement, et le temps aurait déroulé son fil jusqu'à la nuit tombée...


Off ?

Il faut dire ce qui est : je ne vois plus trop l'intérêt de ce blog. Ce que j'écris m'agace, ces pensées larmoyantes sur le temps, les souvenirs - leitmotiv et vieilles rengaines ! , j'en ai ma claque. Entre hibernation et abandon mon coeur vacille...

Histoire de tringle

Aujourd'hui, le délai de réflexion est passé. Dans trois mois l'appartement ne sera plus qu'un souvenir. Tourner la page. Ulysse va bientôt avoir un an, quant à moi j'en ai vingt huit depuis peu et je suis affolée de l'accélération folle du Temps. La vie file comme un pet sur une tringle à rideaux, j'ai beau m'accrocher aux petits et aux grands bonheurs présents, je suis propulsée dans l'après, inexorablement, et les mois se muent en jours, et les années en mois. Et moi je cours je vole jusqu'au jour où, ridée, j'aurai le temps de ne plus me souvenir de rien.