Transmission

Une vieille boîte à cigares, celle-là même qui renfermait les photos de famille, poussiéreuses. J'ouvre. Impatiente, curieuse. Boîte à souvenirs, à trésor, à mystère ?
Je retire une à une les strates de papier sopalin. Tout au fond, bien enveloppé, git un petit trésor de mon enfance, un présent que nul ne peut apprécier autant que lui et moi. Jamais je n'aurais imaginé qu'il m'en fasse don, nous avions un jour convenu que ce petit animal me reviendrait un jour. "Tu l'auras en même temps que mon crâne !" m'avait-il dit. Nous avions ri aux éclats.
Aujourd'hui, à l'heure où je vais devenir mère, où je vais transmettre la vie, mon père me transmet un héritage symbolique, un objet d'admiration, qui nous unit depuis toujours. Admiration pour la nature, pour ses créatures - vivantes, mortes, peu importe -, pour l'architecture des êtres, de la matière, pour le mystère de la vie et du temps...
Ce petit chat momifié, qu'il avait déniché dans un immeuble abandonné, mon père se l'est trimbalé toute sa vie. Et pourtant, il n'avait pas grand chose, juste le poids du monde sur le dos, mais pas de broutilles, ah ça non, on lui avait tout pris, la vie ne lui avait pas fait de cadeau.
"Si les gens voyaient ça, ils nous prendraient pour des fous !". Nous rions. Léaud, intrigué, renifle la petite dépouille, il semble ne rien saisir de ce qui se passe. Je remercie mon père, affectueusement, émue par ce geste d'amour et de transmission, et je contemple le corps cartonné de ce petit chat qui n'a jamais grandi, curiosité de la nature, le plus beau de tous les cadeaux du monde...







Ca se fête !



Dis, quand deviendras-tu ?

Voilà combien de jours, voilà combien de nuits,
Voilà combien de temps que tu es dans ton nid,
Tu m'as dit sûr de toi, c'est mon plus beau voyage,
Pour nos cœurs ennivrés, c'est un doux paysage,
Au printemps, tu verras, nous verrons les beaux jours,
Le printemps, c'est joli pour te parler d'amour,
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris,
Et déambulerons dans les rues de Paris,

Dis, quand deviendras-tu,
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Fait de nous mère et père,
Que tout ce temps ténu
Nous rend tous deux émus.

En plongeant ses bras dans la mer Egee

Ulysse raillant Polyphème - Joseph Mallord William Turner - 1829

8 mois


Petit hommage au fabuleuses planches de Melaka, qui a su transcrire avec humour et justesse les aléas de l'enceintitude !