Juste là


Douce oraison,
Floraison joyeuse mêlée de pétales flasques.
Traque boueuse, l’éclat des obus
Fracasse nos entrailles
Etrique les tourments
Eclate les tracas
Déments.
Songes imprégnés des sens
Mélancolia déambulant
Au coin de la rue,
Juste au tournant.

Juste là,
Un soldat
Attend.
Atterré, acéré, humant le fumet du dernier impact,
Les yeux enfoncés sous un casque de plomb
La mémoire asséchée par le vent d’occident
Il attend.
Son souffle, rugueux et fétide
La tempe toute humide
Ses mains, sèches et terreuses
Se figent.
Silence sur la plaine.
Silence 

Enfoui dans la mémoire
De ceux qui sont partis
Du creux de sa vie,
Enfoui sous les décombres,
Sous cette terre nourricière,
Étouffé par le temps,
Dévoré par les ombres,

Il attend.





02/11/2002