Mon petit garçon de l'hiver

Lorsque son petit ventre brûlant réchauffe le mien, lorsque sa tête fiévreuse se niche dans mon cou, lorsque ses larmes caressent sa jolie joue, lorsque ses petits bras dodus s'accrochent aux miens, lorsque des miens j'enlace tout son être, diffusant ainsi mon amour, alors le temps suspend son vol et m'enveloppe d'un halo de tendresse et de maternité. Je repense à notre première rencontre, lorsque je l'avais hissé, humide et chaud, hors de mon ventre, l'amenant doucement contre ma poitrine. Serein, les yeux noirs grands ouverts sur le monde, il avait découvert en silence l'instant. Sa pureté. Sa violence. Sa lumière. La chaleur de ma peau et non plus de ma chair... Mon Ulysse, mon enfant... toi qui petit à petit deviens grand, que cette fièvre insolente se mue en soleil imaginaire, et que tes maux se dissipent en un joli nuage de rêve, mon Ulysse chéri, mon petit garçon de l'hiver...