Lundi matin

Le jardin était nappé de blanc dans la lueur de l'aube. Des petites empreintes de pattes d'oiseaux traçaient un chemin discret. On serait bien restés là, à contempler notre petit bout de jardin, à compter les bourgeons, à s'émerveiller devant le grand laurier caressant sur chaque feuille une fine couche de neige. L'air glacé s'engouffrait dans nos gorges, déployant nos poumons tous fanés du matin. On serait bien restés là, quelques pas en arrière dans la véranda, à contempler au chaud le spectacle hivernal. Assis sur le siège africain, face à l'âtre rougeoyant de braises, tu aurais fermé les yeux, comme un félin bienheureux. Je t'aurais regardé tendrement, et le temps aurait déroulé son fil jusqu'à la nuit tombée...