Amy

Amy est partie. Envolée. Où est-elle me dit-il.
Où est-elle ?
Je voudrais croire qu'elle me voit, qu'elle m'entend.
Elle est peut-être ici, ou peut-être là, dans ma tête, dans l'air que je respire. Dans mon coeur.
Ma mémoire.
Amy est partie, je ne sais où.
Elle a largué les amarres.

Le dernier jour de sa vie,
elle a pris le visage de ses enfants entre ses mains trop maigres,
et puis elle a souri.
La lune dans son drapé noir
l'a saluée,
ultime croissant de nacre,
et puis
un cri a déchiré la nuit.
C'était Chloé, effondrée au chevet du lit de sa
maman.
-
Amy ne rit plus, elle ne raconte plus d'histoires.
Elle est morte et danse en nos mémoires
délivrée de son compagnon d'infortune,
Aloïs
-
J'entends son rire, éclatant de liberté
celui-là même qu'elle laissait échapper
lorsqu'elle écoutait la douce mélodie
du violon iranien.
Elle était amour, poésie et joie.
Amy est
Libre
maintenant,
scintillant gracieusement
dans la nuit éternelle.

  • Superbe poème, chère Melody...
    Moi, j'ai de la veine : je vois juste mes élèves grandir et mûrir...

  • Moi aussi j'ai d'la chance : j'accompagne mes p'tits vieux au crépuscule de leur vie...

    De la vie ils ont presque tout vu, certains découvrent encore des ressources insoupçonnées, d'autres se contentent de rêver. Les blessures sont toujours là, le temps ne les a pas effacées, et ceux qui n'en ont plus le souvenir portent encore la souffrance.
    Accompagner : marcher avec, dans la même direction, partager le pain, partager la vie.
    C'est aussi beau que de l'enseigner, non ?

  • Le poème et le commentaire sont terriblement touchants. Je suis émue.