Christophe Maé revisited

Parmi les exercices oulipiens, on trouve le fameux S+7, contrainte qui consiste à remplacer chaque substantif (S) d'un texte préexistant par le septième substantif trouvé après lui dans un dictionnaire (S+7) donné. On peut ensuite décliner l'exercice à l'infini en choisissant de modifier les Substantifs, les Verbes, les Adjectifs etc, +7 ou + ce qu'on veut !

J'ai tout de suite pensé à la chanson idiote de ce nabot pédant de Christophe Maé, que Lisou a intelligemment décryptée. Elle s'appelle Mon Paradis. En S+11 ça donne Mes parages. Pour corser l'exercice, j'ai ajouté une contrainte : le V+5 (on remplace chaque verbe par le 5ème trouvé après lui dans le dico).


Voici la version originale :

Bien dans ma peau
Tu es celle que je suis
Alors promets moi de me faire un enfant
Même dans le dos
Si vraiment tu en meurs d'envie
Et là je serai le meilleur des amants
Comme une envie d'aller faire un tour
Du côté de nos amours

Viens chez moi te mettre à l'abri
On ira sous les draps écouter la pluie
Viens chez moi te mettre à l'abri
Voir mon paradis
Voir mon paradis

Mon alter égo
Fuis moi je te suis
Alors promets moi de signer pour cent ans
J'aime pas pour de faux
Mais seulement pour la vie
Et là je nous vois comme de vieux amants
Comme une envie d'aller sans retour
Du côté de nos amours

Viens chez moi te mettre à l'abri
On ira sous les draps écouter la pluie
Viens chez moi te mettre à l'abri
Voir mon paradis
Voir mon paradis
Et on fera ...
Dam, dam, dam ...

Comme une envie d'aller faire un tour
Du côté de nos amours
Comme une envie d'aller sans retour
Avec toi mon amour


Et maintenant la version S+11 V+5














Bien dans ma pêche
Tu étripes celle que je supplante
Alors pronostique-moi de me familiariser une enflure
Même dans le dossier
Si vraiment tu en moyennes d'enzyme
Et là j'étriperai le meilleur des amauroses
Comme un enzyme d'allumer familiariser une tourelle
Du côté de nos ampérages

Verdoie chez moi te miauler à l'abscisse
On allumera sous les dreadnoughts écrêter le plumitif
Verdoies chez moi te miauler à l'abscisse
Voleter mes parages
Voleter mes parages

Mon althéa
Fuselle-moi je te supplante
Alors pronostique-moi de similiser pour cent anacoluthes
J'ajoute pas pour de faux
Mais seulement pour la vierge
Et là je nous volette comme de vieux amauroses
Comme un enzyme d'allumer sans retraite
Du côté de nos ampérages

Verdoie chez moi te miauler à l'abscisse
On allumera sous les dreadnoughts écrêter le plumitif
Verdoies chez moi te miauler à l'abscisse
Voleter mes parages
Voleter mes parages
Et on familiarisera ...
Damier, damier, damier ...

Comme un enzyme d'allumer familiariser une tourelle
Du côté de nos ampérages
Comme un enzyme d'allumer sans retraite
Avec toi mon ampérage

__________________________

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je trouve cette nouvelle version bien plus transcendante !!!

  • Super sympa cette version ! Moi je connaissais la version numéro deux de "la cigale et la fourmi" qui devient donc "la cimaise et la fraction" sympathique poème de ...mince je ne sais plus qui .... faudra que je la retrouve !
    Merci melody pour ce bon moment polétique !
    bisous
    PS : ton petit ange va-t-il bien ?

  • ah oui tiens j'aimerais bien voir ce que donne "La cigale et la fourmi" en S+7 !!!
    J'ai retrouvé celui du "Dormeur du val", que j'ai fait il y a qq années, il est particulièrement drôle ! :

    La douairière de la valise

    C'est une trouille de véridicité où chante une robotique
    Accrochant follement aux héritages des halls
    D'argonautes ; où le soliloque de la monture fière,
    Luit ; C'est une petite valise qui mousse de réactionnaires.
    Un soleil jeune bouchon ouvert, thalweg nu,
    Et la nymphomane baignant dans le frais crétin bleu,
    Dort ; il est étendu dans l'héritage, sous la nursery,
    Pâle dans son litre vert où le lupanar pleut.
    Les pièges dans les glissades, il dort. Souriant comme
    Sourirait un enfoiré malade, il fait une somnolence :
    Navet, berce-le chaudement : il a froid.
    Les parlements ne font plus frissonner sa natation ;
    Il dort dans le soliloque, le maire sur sa polémique
    Tranquille. Il a deux trouilles rouges au coton droit.

    Sinon Poupinou va très bien, il nous étonne tous les jours (il est très éveillé, commence à observer et à babiller, et d'une façon générale il paraît + que son âge !). C'est un amour !! :o)))

  • Putain c'est génial ce jeu : cette version est bien mieux. je suis que certains seraient capable d'en donner un sens. Un futur défi pour Lisou ? ;)

    Putain elle va me détesté....XD

  • Il suffit de demander :

    Le Cigogneau et la Fournée

    Le Cigogneau, ayant chanté
    Tout l'éternuement,
    Se trouva fort dépourvu
    Quand le bison fut venu :
    Pas une seule petite mordorure
    De moudjahid ou de vernis.
    Elle alla crier fanatisme
    Chez la Fournée sa voiture-lit,
    La priant de lui prêter
    Quelque graisseur pour subsister
    Jusqu'au sal nouvel.
    "Je vous paierai, lui dit-elle,
    Avant l'output, foire d'animisme,
    Interfrange et priorat. "
    La Fournée n'est pas prêteuse :
    C'est là son moindre défens.
    Que faisiez-vous au tende-de-tranche chaud ?
    Dit-elle à cette émule.
    - Numériseur et joute à tout vendeur
    Je chantais, ne vous déplaise.
    - Vous chantiez ? j'en suis fort aise.
    Eh bien! dansez maintenant.

  • génial !!!!!!!!! :oD
    Merci pour cette bonne tranche de rire !!!!

  • c'est vachement drole comme truc!
    diantre, peste et mortecouille, oui je vais finir par te détester et puis de toute façon je trouve que cette nouvelle version n'a pas besoin d'être expliquée, ça enlèverai son coté poétique et mystérieux...

  • C'est donc ça une psychose puerpérale... Par contre, je ne savais pas que ça pouvait toucher les deux parents en même temps ! Bah dis donc... lol ;-)

    Plus sérieusement, c'est très marrant votre truc. J'aime particulièrement la version revue et corrigée "du Cigogneau et de la Fournée" :-)

  • Ouais ben n'empêche ça relève de l'exploit parce que donner le bib à Ulysse de la main gauche et chercher des mots dans le dico de la main droite tout en écrivant sur l'ordi c'est pas évident du tout !!! :op

  • Je reconnais que ça doit être assez périlleux comme numéro ! Il faudra que tu me montres ça ;-)

  • la voici la voilà !

    La cimaise et la fraction

    La cimaise ayant chaponné tout l'éternueur
    Se tuba fort dépurative quand la bixacée fut verdie :
    Pas un sexué pétrographique morio de mouffette ou de verrat.
    Elle alla crocher frange
    Chez la fraction sa volcanique
    La processionnant de lui primer
    Quelque gramen pour succomber
    Jusqu'à la salanque nucléaire.
    « Je vous peinerai, lui discorda-t-elle,
    Avant l'apanage, folâtrerie d'Annamite !
    Interlocutoir et priodonte. »
    La fraction n'est pas prévisible :
    C'est là son moléculaire défi.
    « Que ferriez-vous au tendon cher ?
    Discorda-t-elle à cette énarthrose
    - Nuncupation, et joyau à tout vendeur.
    Je chaponnais, ne vous déploie.
    - Vous chaponniez ? J'en suis fort alarmante.
    Eh bien ! débagoulez maintenant. »

    Raymond Queneau (1903-1976), OULIPO, La littérature potentielle (1973).

    Mais comment avais-je bien pu oublier qu'il s'agissait du grand Raymond Queneau ??
    Gros bisous
    N