Liberté

Dans quelques heures je serai libre ! La vie quotidienne, aussi riche et épanouissante soit-elle, me pèse. Je ne puis travailler convenablement, je papillonne dans la paperasse et dans les paroles des autres, mon écoute n’est plus flottante, elle est errante. Les yeux tournés vers l’intérieur. Comme disait Thom, je suis habitée, et ça n’est pas rien, je ne puis l’oublier : je le sais, je le sens, je l’attends.
Demain, escapade ! Les vignes à perte de vue, les longues soirées sur la terrasse, à parler de tout et de rien, l’atelier de mon père – caverne d’Ali-Baba -, la présence rassurante des cinq chats, des livres dans toutes les pièces - même sous le lit !, le bureau de ma mère – petit nid douillet -, la promenade du soleil couchant, les coléoptères qui traversent lentement le petit chemin, et les figues embryonnaires !, la ballade de la source, belle et mystérieuse, les longues nuit de sommeil, et les volets blancs qui grincent pour enfin laisser pénétrer dans la chambre l’éclat d’une belle journée, les fleurs – un pot sur chaque marche de l’escalier -, le panier de fruit, toujours plein, les journaux un peu partout, les transats au bord de l’eau limpide et douce comme une caresse, la chaleur du soleil sur ma peau, les nuits d’ébène bercées par le hululement de la chouette, le rire des filles qui jouent dans le jardin, le piano majestueux, le regard tendre de mon aimé sous le ciel bleu du Quercy blanc…
J’y suis déjà un peu, beaucoup, passionnément…