Vague à l'âme

Finalement, ne serions-nous pas entièrement soumis à notre psychisme ? Nous subissons, tel un bateau emporté par la tempête ou délicatement balancé par le calme des flots, les aléas de notre inconscient. Nous sommes tour à tour emportés par des tourbillons d'angoisse, happés par la menace d'anéantissement, figés dans la dépressivité glaciale, bercés par la quiétude et la douce lumière du monde, chavirés par des sentiments violents, engloutis dans les profondeurs de la mélancolie, perdus dans l'infini du Temps, sans ancre ni attache ou bien arrimés à notre passé, incapables de poursuivre notre route. Nous sommes en quête de sens - relier un point à un autre, garder le cap ! - mais le ciel est chargé de nuages et la mer peut se déchaîner, délier nos cordages éventrer nos voiles, et nous, pauvres petites barques de fortune ou grands navires extraordinaires, nous n'y pouvons rien, non, nous n'y pouvons rien.

  • Très beau texte.
    Et je suis d'accord: l'inconscient il nous fait bien chier, l'enfoiré.

  • Mais... que ferions-nous sans lui ? Serions-nous réduits à l'état de cloportes ou des rats ?

  • C'est parce qu'on peut rien faire sans lui (de toute façon il ne demande pas notre avis), qu'il d'autant plus chiant. Le propre de l'inconscient, comme le dit Guy Massat dans un séminaire sur narcisse (http://www.cercle-psychanalytique-paris.fr/textes%20et%20pdf/Narcisse%2012.pdf)
    c'est de nous faire faire le contraire de ce qu'on a dit.