Damoclès

Galerie sous-terraine aux néons bleutés, des kilomètres de tuyaux rouillés, usés par le temps - des chinois y travaillent, péniblement mais avec courage -, galerie ou abri de guerre, refuge de familles apeurées, les enfants qui braillent et qui ne comprennent pas, le grondement feutré des bombes, le silence de l'attente, et l'attente du silence pour enfin retrouver le jour, comme un lapin traqué sort timidement de son terrier.
Le ciel est orangé et le soleil couchant."Je ne redoute qu'une chose : c'est que notre pays entre en guerre", dis-je. Souvenir d'explosions, chutes de bombes, avions militaires volant à basse altitude - scarabées géants menaçants -, je scrute le ciel. L'Ennemi est là. Il ne frappe pas encore. Il domine le peuple. Un avion énorme survole la ville, comme une épée de Damoclès, et je vois à ma grande stupeur voler en éclats Météore, notre station de défense spatiale, notre fierté et le symbole de notre puissance, notre dernière chance de conquérir le monde.