(T)rêves

Un gros pigeon blanc tombe dans le jardin de mon enfance. A la place des ses deux pattes ordinaires de volatile, huit pattes arachnides. Les chats du coin de l'oeil le guettent. Je m'efforce de faire fuir l'oiseau, en vain. Trop lourd, cloué au sol, il se sait condamné. Les chats l'encerclent et se ruent sur lui. Je détourne le regard, puis jette à nouveau un oeil sur la bête. Plus rien. Des restes de boyaux quelques tâches de sang. Les chats sont déjà loin, repus, satisfaits.
La veille, j'étais montée en haut de la tour St Jacques, à Châtelet. Une fois arrivée au sommet, je m'étais retrouvée sur une esplanade carrée, incertaine, dont les planches fragiles laissaient apparaître des jours vertigineux... Une sorte de radeau aérien, détaché de tout. Plus tard, j'avais rencontré Bruno Cremer pour jouer une scène d'amour au cinéma. Sa présence avait été douce et rassurante, et je m'étais laissée séduire par son silence, imposant.