Thanatos is back

Je ressens, depuis une poignée d'années, une certaine angoisse liée à la pensée de l'inévitable moment où mes parents seront définitivement absents de ma vie (vous voyez, je n'utilise pas le terme "morts"...).
Nous évoquons l'avenir, souvent, leur immense trouille de vieillir parceque la décrépitude ils ne la supporteraient pas, leurs projets désaccordés (lui qui refuse de quitter son nid étayant, là-bas, elle qui veut rappliquer en région parisienne dès que maison et marmot seront à ma portée). Lui se réfugie dans sa mélancolie, dans les méandres de son égo fissuré... Elle souffre de son repli à lui. Elle : pulsion de vie.
Que ferai-je sans eux ? Sans son talent à lui, son esprit torturé, ses mimiques gotlibiennes, son humour grinçant, ses yeux si doux et ses grandes paluches d'artiste arthrosé ?
Que ferai-je sans son légendaire franc-parler, à elle, son écoute si précieuse, son amour pour les chats, les arbres, Mimi et Georges Brassens, son rire qui éclate les tympans et son sourire pimpant ?
J'ai l'impression que je m'écroulerai comme un château de cartes balayé par la tempête. J'aurai perdu les témoins de mon enfance, de mon histoire, et mon âme errante n'aura d'autre issue que de se nicher comme un vieux rat crevé dans ce petit trou noir du désespoir.