Y aura plus personne...

Eu T* au téléphone. Il me parle du manque qu'il ressent depuis la mort de sa mère, le 31 mars.
J'avais été atterrée en apprenant la nouvelle, pendue à mon portable, au beau milieu d'un couloir de métro... Nous avions discuté quelques minutes avant que je pose la fameuse question "Et les amours ? "
- C'est pas l'moment, m'avait-il répondu de sa petite voix d’enfant. Il faut qu'on se voie, pour parler, pour faire le point... sur nous, notre vie.
J'avais rien compris.
- D'accord, on se reverra quand tu te sentiras prêt. Dans quelques mois peut-être, j'ai beaucoup de travail en ce moment…
- Dans quelques mois... Bon, si tu veux…
- Tu as une petite voix, qu'est-ce-qu'il y a, y a quelque chose qui ne va pas ?
(soupir... puis sanglots)
- C'est ma mère... Elle est morte...
Je m’étais alors arrêtée dans ce long couloir bondé, et j’entendais cette phrase résonner dans mon esprit, je voyais défiler des tas d’images, le petit Antoine Doinel devant son prof, le visage encore juvénile de T*, je me rappelais sa mère, moi qui l’avais tant détestée, moi qui avais plus d’une fois souhaité sa mort, mais c’était fait maintenant, c’était vrai.
C’est pas vrai c’est pas possible comment c'est arrivé elle est morte comme ça d’une crise cardiaque mais elle était pas cardiaque ! je comprends pas c’est trop dur Melody c’est horrible ce qui m’arrive oh la la on est orphelins maintenant j’ai tellement de peine pour toi je suis seul tu sais je ne trouve pas les mots je suis là elle est morte dans mes bras comme ça simplement j'ai tant de peine j’ai pas compris tout de suite elle respirait plus comment tu vas faire et tes sœurs on est orphelins tous seuls quand je rentrerai le soir y aura plus personne.